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Vidéo : François Fillon maintient sa candidature et dénonce "un assassinat politique"

Publié le

par Astrid Van Laer

À 53 jours du premier tour, François Fillon a confirmé sa volonté d'être candidat malgré une convocation chez les juges qui pourrait déboucher sur une mise en examen.

Jusqu'à midi et demi mercredi 1er mars, le suspense était à son comble. Dans la matinée, le service de presse de François Fillon a publié un communiqué laconique annonçant le report de la visite du candidat de la droite au Salon de l'agriculture, initialement prévue ce matin. Des rumeurs sur la démission du directeur de campagne de François Fillon, Patrick Stefanini (démission "qui n'aurait pas été acceptée", selon Le Point) aux nouveaux soupçons d'emploi fictif sortis sur BuzzFeed en passant par des ouï-dires annoncés par le journaliste de Mediapart Michel Deléan concernant une garde à vue de Penelope Fillon ce matin ainsi qu'une perquisition (deux assertions rapidement démenties) ont suffi à alimenter la machine à rumeurs.

À 12 h 30, François Fillon se présente au pupitre, entouré de têtes d'affiche du parti comme Valérie Pécresse, Éric Woerth, Luc Chatel, François Baroin, Nathalie Kosciusco-Morizet, Nadine Morano, Valérie Boyer, Bruno Retailleau. Visé par une enquête préliminaire depuis quelques semaines dans le cadre de l'affaire "Pénélope" , l'ex-Premier ministre qui avait vu vendredi 24 février son dossier confié à des magistrats instructeurs indépendants, commence par dévoiler la décision des juges d'instruction :

"Mon avocat a été informé que je serai convoqué le 15 mars par les juges d'instruction afin d'être mis en examen. Il est, sans exemple dans une affaire de cette importance, qu'une convocation […] soit lancée quelques jours à peine après la saisie des juges. Sur la simple base d'une enquête de police manifestement à charge. Je ne reconnais pas les faits. Je n'ai pas détourné d'argent public."

Considérant que "l'état de droit a été systématiquement violé", il poursuit en critiquant la vitesse avec laquelle les investigations se sont déroulées :

"J'ai confié comme un tiers des parlementaires des travaux à mes proches, car je savais pouvoir compter sur leur confiance et compétence. Ils m'ont assisté, je le démontrerai. [...] Je n'ai pas été traité comme un justiciable comme les autres. L'enquête préliminaire a été ouverte en quelques heures. Les procès-verbaux ont été communiqués à la presse sans qu'à aucun moment le garde des Sceaux ne s'en émeuve. Les arguments de fait que j'ai présentés n'ont pas été entendus ni relayés. Les arguments de droit […], émis par de grands professionnels, ont été écartés d'un revers de la main"

Il déclare ensuite qu'il ne renoncera en aucun cas à se présenter, remettant son avenir entre les mains des citoyens français :

"C'est un assassinat politique. […] Ce n'est pas moi seulement qu'on assassine. C'est l'élection présidentielle. [...] Je me rendrai à la convocation des juges. Je suis respectueux des institutions [...]. Au-delà de la procédure judiciaire, c'est au seul peuple que j'en appelle, que je m'en remets. Seul le suffrage universel, et non pas une procédure menée à charge, peut décider qui sera le prochain président de la République. Je ne me retirerai pas. Au-delà de ma personne, c'est la démocratie qui est défiée. Ce n'est pas de moi qu'il s'agit, de mes droits ou de la présomption d'innocence. C'est de vous. […] Je serai au rendez-vous que la démocratie, et elle seule, nous donne pour décider de notre avenir"

Il a ensuite déclaré "La France est plus grande que mes erreurs" et conclu en ces termes :

"Je m'opposerai de toutes mes forces à ce que le hasard ou le calcul décide du sort des Français. Je vous le dis avec gravité : ne vous laissez pas abuser, ne laissez personne vous priver de votre choix. Oui, je serai candidat à la présidence de la République."

Le candidat de la droite a reçu le soutien des ténors présents dans la salle comme Laurent Wauquiez, qui avait  déclaré avant même que la conférence de presse n'ait lieu : "Je suis convaincu que, si jamais François Fillon arrête, ce serait l'apocalypse." À l'inverse, selon Le Point, l'ancien candidat à la primaire de la droite et du centre, Bruno Le Maire, serait quant à lui pour le renoncement de François Fillon : "Selon nos informations, Le Maire aurait menacé de faire un journal télévisé ce soir si François Fillon s'obstinait à être candidat" et il aurait déclaré : "Si Fillon s'entête, j'annonce publiquement que je le lâche après la conférence de presse."

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