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François de Rugy élu président de l’Assemblée : mais au fait, ça ne devait pas être une femme ?

Publié le

par Théo Mercadier

Ce candidat malheureux des primaires de la gauche a été élu par les députés macronistes. Encore et toujours, le "perchoir" est tenu par un homme.

C’est finalement à François de Rugy qu’incombera la lourde tâche de présider l’Assemblée nationale pendant cinq ans. Séduits par sa notoriété, sa bonne connaissance des rouages de l’Assemblée et ses propositions pour un renouvellement des pratiques parlementaires, les 308 députés de La République en marche (LREM) ont décidé de lui confier ce poste. Élu ce matin candidat du groupe LREM à la présidence de l’Assemblée avec 153 voix, ses concurrents ont fait pâle figure : 59 voix seulement pour Sophie Errante, 54 pour Brigitte Bourguignon et 32 pour Philippe Folliot. Son élection a ensuite été confirmée par l’Assemblée nationale dans l’après-midi, avec 353 voix.

Pas de femme au "perchoir" donc, malgré les annonces du gouvernement allant dans ce sens. "Macron n’a pas le choix" : ces mots couraient pourtant dernièrement sur les lèvres des observateurs politiques face à l’exceptionnelle représentation des femmes dans cette nouvelle Assemblée. Avec 224 députées, jamais l’hémicycle n’a été aussi féminin, et la présence d’une femme au perchoir aurait inscrit dans le marbre cette avancée historique. Mais il semblerait que les points forts de François de Rugy, à commencer par son expérience, aient eu raison de la poursuite de l’idéal paritaire.

De 3,86 % aux primaires au quatrième poste de l’État

En 1997, comme le rappelle le journal Le Monde, il débarquait dans l’hémicycle comme secrétaire adjoint d’un "groupe rassemblant des radicaux de gauche, des écologistes et des chevènementistes". Il fut ensuite élu député pour la première fois en 2007.

Aux côtés de Barbara Pompili, il a présidé le groupe écologiste entre 2007 et 2012, avant d’être nommé au poste de vice-président de l’Assemblée en 2016. Il connaît donc les rouages et les enjeux de l’institution comme sa poche, une expérience qui a plaidé en sa faveur. Dans un texte posté sur Facebook la veille du vote, le député a présenté son projet pour une Assemblée "plus démocratique, plus efficace et plus moderne".

Devant la perte de vitesse d’Europe Écologie Les Verts (EELV), l’ambitieux crée en 2015 le Parti écologiste, une petite structure qui lui permet de se ménager une certaine marge de manœuvre. Avant de se rallier à Emmanuel Macron, il a tenté l’aventure des primaires de la gauche, avec un discours "sérieux" se démarquant des tendances altermondialistes d’EELV. C’est un échec : il n’obtient que 3,86 % des voix. Au final, cela ne l’a pas empêché pas d’être aujourd’hui propulsé à la quatrième place de l’État (dans l’ordre protocolaire).

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