AccueilÉDITO

En France, le nombre de contaminations au sida ne recule pas

Publié le

par Juliette Geenens

En 2015, les gens ont eu tendance à prendre plus de risques lors de leurs rapports sexuels et ont moins eu recours au préservatif.

(© Banfilm)

À deux jours de la Journée mondiale de lutte contre le sida, la France doit faire face à un bilan sanitaire très négatif, si on en croit un rapport de l'organisme Santé publique France, publié le mardi 29 novembre.

En 2015, le nombre de nouvelles contaminations n'a pas diminué : il stagne aux alentours de 6 000 par an depuis 2011, explique Libération. Et sur ces 6 000 "découvertes de séropositivité VIH", 2 600 concernent les homosexuels. Ils représentent donc 43 % des nouveaux cas, contre 54 % pour les hétérosexuels. Ces derniers sont principalement originaires d'Afrique subsaharienne mais ont contracté le virus sur le territoire français.

L'agence sanitaire s'alarme de la situation observée chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (que l'Organisation mondiale de la santé appelle "HSH"). Chez les personnes à qui on diagnostique le VIH, la part des HSH est en augmentation depuis 2003, alors que celles des autres catégories (les hétérosexuels nés en France ou non, et les usagers de drogues injectables) sont en recul.

Du côtés des IST ("infections sexuellement transmissibles", à ne pas confondre avec le VIH et les maladies sexuellement transmissibles), les HSH sont les plus touchés en France : entre 2013 et 2015, on constate une augmentation des cas d'IST (gonocoque, syphilis et lymphogranulomatose vénérienne, dite aussi LGV) Parmi les infections diagnostiquées l'année dernière, plus de 80 % des cas de syphilis, environ 70 % de ceux de gonococcies et presque tous les cas de LGV les concernaient, rapporte Le Monde.

D'après l'agence Santé publique France, ces chiffres seraient le résultat "d'une augmentation des comportements sexuels à risque". Les gens utilisent de moins en moins le préservatif lors de leurs rapports sexuels, alors qu'il est le seul moyen de garantir une non-transmission des MST, des IST et du sida. Cependant, il existe aujourd'hui un traitement préventif pour le VIH, disponible sur prescription dans les hôpitaux de France depuis 2015, destinés aux HSH.

Prévention anti-VIH : le fail de l'État

L'enquête de l'agence de santé pointe l'échec cuisant de la prévention contre les maladies sexuellement transmissibles, en France. Si les dépistages du VIH ont été nombreux en 2015 (5,4 millions), une fois encore l'agence sanitaire déplore que leur nombre n'augmente pas davantage. Pour les scientifiques derrière cette étude, la solution réside dans le dépistage généralisé, "qui n'a pas été appliqué par les professionnels de santé", mais qui permettrait pourtant de retrouver les milliers de séropositifs qui s'ignorent, en France.

Comme le souligne Libération, il existe une multitude de façon de se faire dépister : chez son médecin, à l'hôpital, mais aussi auprès des associations, dont Aides, qui pratiquent les TROD (les "tests rapides d’orientation diagnostique"). Depuis septembre 2015, les pharmacies peuvent aussi proposer des autotests VIH, que l'on peut effectuer soi-même, à domicile.

À voir aussi sur konbini :