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Docu : France 4 fait son tour de France de la scène indé

Publié le

par Théo Chapuis

France 4 a diffusé ce lundi 5 mai à 22h40 une émission spéciale sur la musique indé en France, désormais en replay. Nico Prat, animateur et journaliste, explique à Konbini pourquoi il est important que la télé de l'Hexagone s'intéresse à sa scène locale.

Von Pariahs, groupe de rock incandescent, originaire de Nantes. (Crédits image : Mac Néma)

La présence de la scène indé à la télévision française ? Quasi-nulle. À peine quelques chaînes consentent à diffuser l'œuvre de ces centaines de zikos de garage et de Bandcamp, aventuriers des SMAC et des MJC, programmés chez eux mais grands absents de la faune cathodique.

Ce lundi 5 mai à 22h40, France 4 se rattrape : la chaîne du service public diffuse une émission de "Monte Le Son" dont tout un pan sera réservé aux musiciens indépendants du pays de Noir Désir. Intitulé "La Nouvelle Scène Française En Mode Shuffle", ce reportage préparé par notre confrère Nico Prat présentera à partir de 22h40 ces artistes qu'on entend peu, mais qu'il est sage d'écouter. Pour mieux comprendre, quelques questions au journaliste s'imposaient.

Konbini | Quels groupes es-tu allé découvrir ?

Nico Prat J'ai fait le choix d'aller à la rencontre de groupes qui n'ont sorti aucun album. On ne parlera ni de Fauve, ni de Granville... En fait, les plus connus, c'est Von Pariahs. Ensuite, ce sont des artistes et des labels qui me plaisaient. Évidemment, ça aurait été plus simple de se cantonner à la région parisienne mais on a préféré aller un peu partout : Roubaix, Trouville, Caen, Versailles, Toulouse, Lyon... etc.

J'ai voulu alterner les séquences, aussi. On se retrouve par exemple pendant le tournage d'un clip du groupe toulousain Le Common Diamond. Mais on a aussi pointé notre objectif sur un label électro intéressant à Trouville : selon nous c'était assez surprenant pour aller y enquêter.

Aussi, on est allé voir Lewis Evans, le chanteur des Lanskies, en se demandant comment un Anglais a pu se retrouver à faire de la musique à Saint-Lô.

K | Lors de ce véritable tour de France, as-tu constaté l'existence de scènes spécifiques à chacune des villes que tu as arpentées ?

Oui, mais c'est parfois plus surprenant que prévu : on parle de Caen pour Granville et Concrete Knives, mai qui connaît leur scène hip-hop ? En s'y rendant, on a découvert un super collectif, COEFF. Et c'est pareil pour la scène nantaise : il faut savoir que derrière Von Pariahs, il y a de nombreux autres groupes qui valent le coup !

K | C'est important d'avoir un groupe moteur pour une scène locale ?

Bien sûr ! Un groupe comme Von Pariahs, qui a commencé par de toutes petites salles et finit par jouer aux Eurockéennes, ça donne envie aux autres groupes du cru, c'est évident. Derrière eux, il y a Disco Anti Napoléon (DAN), le groupe du frère de Pégase, membre éminent de la scène nantaise également. D'ici deux ans, DAN, ce sera prêt et ça tournera vraiment.

Mais c'est plus important encore d'avoir un groupe moteur à l'échelle nationale. Tout ce qu'il faudrait pour que ça prenne, ce serait un tube. Ils sont plusieurs à pouvoir y arriver mais pour moi, il y a ce trio de Versailles, ENCORE!, qui pourrait sortir ce fameux tube. La reconnaissance dans les médias, ça passe par là. Après, ça fait cliché, mais ce groupe, j'y crois à mort.

K | Penses-tu que le PAF s'intéresse assez à la scène musicale indépendante en France ?

Pas du tout. Il faut reconnaître qu'il y a des moments où en parle d'un ou deux artistes, à droite à gauche... mais une émission de 50 minutes de groupes inconnus en France, ça n'arrive jamais. C'est aussi pour ça que je suis très fier d'y participer. Pour le reste, il y a beaucoup de travail à faire de ce côté-là. Lorsqu'on le fait remarquer, on nous répond : "à quoi bon puisque ces groupes sont sur Internet ?". Mais je pense que c'est le travail des grandes chaînes, le service public notamment, de participer à leur rayonnement.

Aujourd'hui, au "Grand Journal" de Canal+, il y a bien du live... reste qu'il y a un vide concernant l'indé : ce n'est pas normal qu'il n'y ait pas quelqu'un, un chroniqueur régulier, afin de commenter les tendances musicales. Bon, il y a bien l'émission "Alcaline" sur France 2 qui est d'ailleur très bien faite. Mais que ce soit dans le service public ou bien dans le privé, il n'y a pas assez de musique à la télé.

K | Tellement peu de musique à la télé qu'on regretterait presque "Taratata" ?

Mmmm. D'une part, je regrette l'absence de live à la télé. D'autre part, je ne regrette pas la mort d'une tribune pour Shaka Ponk. Il est vrai qu'on voyait de temps à autre quelques groupes vraiment indépendants jouer sur le plateau de Nagui... mais pour un Shades, combien de Skip The Use ? En vrai, j'ai moins regretté la disparition de "Taratata" que le fait que ça ne soit remplacé par rien du tout.

Vous avez raté le documentaire ? Vous pouvez le revoir juste là, ci-dessous :

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