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Cette entreprise vous file une prime si vous dormez bien la nuit

Publié le

par Juliette Geenens

Une compagnie d'assurance américaine offre à ses employés une prime de 25 dollars pour chaque nuit de sept heures de sommeil, validée grâce à des bracelets connectés. 

Pas sûr de toucher la prime ce mois-ci…

Laisser son patron dormir dans le même lit que vous, une fois rentré du boulot, pour 25 dollars, ça vous dit ? Si, dans les faits, ce n'est pas exactement l'idée que défend cette compagnie d'assurance américaine, on n'en est pas loin.

Aetna, société située dans le Connecticut, aux États-Unis, promet d'augmenter le salaire de ses employés, s'ils dorment au moins sept heures par nuit. Selon Les Échos, il sera possible de surveiller le sommeil grâce à un bracelet FitBit, traqueur connecté d'activité physique et fournisseur de données sur la santé de son utilisateur. Si l'entreprise américaine constate que le salarié effectue 20 nuits d'au moins sept heures de sommeil, il pourra recevoir 500 dollars de bonus sur l'année. Cette politique salariale vise à améliorer la productivité de la compagnie, via un principe de récompense par l'argent. Et tant pis pour les libertés individuelles.

Le dirigeant d'Aetna, Mark Bertolini affirmait en interview sur CNBC le 5 avril dernier :"Être présent sur le lieu de travail et prendre de meilleures décisions a beaucoup à voir avec nos principes de base de l’entreprise. Et d'ajouter : Vous ne pouvez pas y être préparé si vous êtes à moitié endormi."

Certes, un sommeil réparateur diminue le stress, a des effets bénéfiques sur la concentration ainsi que sur la mémoire. D'ailleurs, des chercheurs de l'université Duke, à Durham (Caroline du Nord), ont publié le rapport d'une enquête commandée par Aetna afin de constater les effets de cette mesure, un mois après sa mise en place. Les premiers résultats annoncent une augmentation de la productivité par salarié de 69 minutes et une diminution "spectaculaire" du stress. L'entreprise voit dans cette évolution un investissement dans "le bien-être et la pleine conscience". Cependant, ses détracteurs dénoncent une atteinte à la vie privée.

Is Big Brother watching you ?

Une institution privée est-elle autorisée à avoir un droit de regard sur l'hygiène de vie de ses travailleurs ? A-t-elle le droit de surveiller la façon dont chacun gère sa santé ? Comme le remarque très justement Numerama, il semble possible qu'à terme les entreprises finissent par récompenser ceux qui font de l'exercice physique et ne boivent pas, et en viennent, pourquoi pas, à punir les fumeurs et ceux qui n'accordent pas d'attention à leur alimentation. Cette perspective pose des questions sur les données personnelles et les libertés individuelles. Les Pays-Bas ont pris des dispositions afin de réguler l'ingérence des sociétés dans la vie privée de leurs employés. L'autorité équivalente à la Cnil du pays a tout bonnement interdit aux patrons d'avoir recours aux technologies connectées pour recueillir des données sur leurs salariés, que ceux-ci soient consentants ou non.

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