ST. PETERSBURG, RUSSIA. APRIL 6, 2016. Rosatom Emergency Service worker in a protective suit behind warning tape reading « Caution! Radioactive material » during a training using up-to-date radiological monitoring, dosimetric and spectrometric equipment.The service was created for responding to nuclear and radiation emergencies. Sergei Konkov/TASS (Photo by Sergei KonkovTASS via Getty Images)

Finalement, la Russie reconnaît être à l’origine du nuage radioactif qui a survolé l’Europe

La Russie a admis être à l’origine de l’accident qui a propagé fin septembre des particules radioactives à travers l’Europe, ce qu’elle s’échinait à nier depuis des semaines.

Saint-Pétersbourg, Russie, le 6 avril 2016. Un agent de Rosatom, l’agence fédérale russe de l’énergie atomique durant un exercice. (© Sergei Konkov/TASS (Photo by Sergei KonkovTASS via Getty Images)

Fin septembre et début octobre 2017, une très forte concentration de ruthénium 106 – une particule radioactive – avait été détectée par plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité. Si l’ensemble des experts situaient l’origine de cette pollution atmosphérique en Russie, Moscou niait fermement toute implication. Avant de rétropédaler…

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L’agence russe de météorologie Rosguidromet a ainsi reconnu lundi 20 novembre, qu’une concentration "extrêmement élevée" de ruthénium 106 avait bien été détectée fin septembre dans plusieurs régions de Russie, explique Le Monde. Confirmant les rapports des réseaux européens qui avaient identifié une zone de rejet probable entre l’Oural et la Volga, ainsi qu’une dispersion des particules dans l’air de 14 pays dans l’est et le sud-ouest de l’Europe, dont la France.

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN) précise néanmoins que les taux relevés en Europe étaient très faibles et donc "sans conséquence pour l’environnement et pour la santé".

Une concentration 986 fois supérieure à la normale

Selon l’agence russe, le taux le plus élevé a été enregistré dans la station d’Arguaïach, située dans un village du sud de l’Oural, où "une concentration extrêmement élevée" de ruthénium 106 "excédant de 986 fois" les concentrations enregistrées le mois précédent a été détectée.

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Des rejets d’une telle importance nécessiteraient donc de mettre en œuvre des mesures de protection des populations locales sur un rayon de plusieurs kilomètres, avec un risque élevé de contamination des sols, et donc des denrées alimentaires, sur une dizaine de kilomètres autour du point de rejet.

Greenpeace Russie a appelé Rosatom, la société d’État russe qui gère l’activité de toutes les entreprises du secteur nucléaire en Russie, à lever le voile sur cet incident. Mais aussi sur l’ensemble des catastrophes nucléaires que la Russie a visiblement le don d’ignorer depuis des décennies. À commencer par l’explosion du site de stockage de déchets nucléaire de Maïak (niveau 6 de l’échelle Ines) en 1957, la plus grave catastrophe de ce type en URSS après Tchernobyl, et l’une des pires de l’Histoire.

Par Jeanne Pouget, publié le 21/11/2017

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