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Fidel Castro en 18 chiffres

Publié le

par Louis Lepron

NEW YORK – APRIL 22: Comandante Fidel Castro the new leader of Cuba talks to reporters about his successful Cuban revolution to ouster Dictator Batista at a press conference in his suite at the Hotel New Yorker on April 22, 1959 in New York City, New York. (Photo by I.C. Rapoport/Getty Images)

Des chiffres pour mieux comprendre le Cuba façonné par Fidel Castro, en espoir et déceptions. 

Fidel Castro le 22 avril 1959 (Photo par I.C. Rapoport/Getty Images)

Ce samedi 26 novembre, le monde a appris la mort de Fidel Castro. L'ancien dirigeant cubain, qui n'était plus aux manettes du pouvoir depuis 2008, laisse derrière lui 50 années d'histoire. De la révolution cubaine à ses relations avec les États-Unis comme l'Amérique Latine ou l'URSS, ce sont des milliers de faits et d'informations qui sont désormais à retracer.

On a tenté, à travers des chiffres, de résumer ce qui a fait le personnage, la figure et désormais l'icône Fidel Castro, aussi aimé que détesté.

1926

Fidel Castro est né le 13 août 1926 à à Birán, une cité située dans la province de Holguín.

1

Un comme une des figures politiques les plus importantes du XXe siècle, un symbole pour les pays du sud et notamment d'Amérique du Sud. Un comme le parti unique qu'il a instauré après la Révolution et dirigé des décennies durant avec, pour mot d'ordre, "le socialisme ou la mort". Deux façons de voir les choses qui participent à l'ambiguïté et la complexité du personnage de Fidel Castro.

9

Le nombre de jours de deuil qui ont été décrétés par les autorités cubaines après l'annonce de la mort de Fidel Castro, ce samedi 26 novembre.

10

Le nombre de présidents américains qu'a connus Fidel Castro lors de l'ensemble de ses années au pouvoir, lui qui a été réélu tous les cinq ans, de 1959 à 2008. On y trouve ainsi Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon, Ford, Carter, Reagan, George H. W. Bush, Clinton et, le dernier, G.W. Bush.

Il a aussi traversé la vie politique française et plus précisément la Cinquième République, de René Coty à Nicolas Sarkozy en passant par le Général de Gaulle, George Pompidou, VGE, François Mitterrand et Jacques Chirac.

10

Le taux de mortalité infantile à Cuba dans les années 1990, alors qu'il était de 32 % en 1957, soit deux ans avant la prise de pouvoir de Fidel Castro.  Il est tombé en 2012 à 4,83 contre 5,98 aux États-Unis, 4,85 au Canada, ou encore 3,37 en France.

17

Le nombre d'années pendant lesquelles Fidel Castro a été le Premier ministre de Cuba, du 16 février 1959 au 2 décembre 1976

26 %

Selon l'ONG américaine Freedom House, le pourcentage de Cubains ayant aujourd'hui accès à Internet. Et toujours selon cette même organisation, seul 3 à 10 % auraient véritablement accès à Internet de manière libre.

31

Le nombre d'années lors desquelles Fidel Castro a été le président des Conseils d'État et des ministres de la République de Cuba, du 2 décembre 1976 au 24 février 2008.

78,2

L'espérance de vie à Cuba, qui place le pays à la 37e place au niveau mondial et à la 3e dans les Amériques (derrière le Canada mais devant les États-Unis).

80

Le nombre de morts lors de l'attaque de la caserne de Moncada le 26 juillet 1953 organisée par Fidel Castro pour s'en prendre au pouvoir du général Fulgencio Batista. C'est un échec. Fidel Castro est alors condamné à 15 années de prison. Il sera acquitté deux ans plus tard, en 1955, lors d'une vague d'amnisties.

82

Le nombre d'exilés cubains, sans compter le Che, qui entrent clandestinement à Cuba le 2 décembre 1956. Dirigés par Fidel Castro, ils sont attendus de pied ferme par l'armée de Batista. Seuls 16 survivront, après plusieurs jours de combats. Ils se réfugient alors dans la région de la Sierra Maestra et organisent une guérilla, de plus en plus populaire dans le pays, soutenue par le gouvernement américain. Armes et argent leurs sont fournis.

Après plus de deux ans de combats, Fidel Castro et ses troupes réussissent à s'emparer de La Havane, le 8 janvier 1959. La veille, le gouvernement temporaire déjà mis en place et avec Fidel Castro au poste de Premier ministre, est reconnu par les États-Unis. Dès 1960, les États-Unis commencent à se méfier, sinon à prendre position contre ce nouveau régime.

146

Le nombre de personnes fusillées lors de l'épuration mise en place à partir de 1960 et organisée par le Che. 631 sont condamnés à mort et 70 000 personnes sont faits prisonniers politiques. Au cours des années 2000, il y avait encore 300 prisonniers politiques.

Des centaines

Le nombre, très approximatif, d'homosexuels ayant été persécutés par le régime cubain au cours des années 1960 et 1970. De 1965 à 1968, des centaines de personnes évaluées comme étant "idéologiquement déviantes" et à la conduite "impropre" ont été internées dans des Unités militaires d'aide à la production (UMAP).

Le 31 août 2010, au cours d'un entretien accordé au quotidien mexicain La Jornada, Fidel Castro a fait son mea culpa : "Après mon arrivée au pouvoir, les représentants des minorités sexuelles étaient persécutés… C’étaient des moments de grande injustice…de grande injustice !"

L'homosexualité a été dépénalisée en 1979 à Cuba (soit trois ans avant la France), celle "ostensible" en 1988 et les références homophobes qui subsistaient dans la loi cubaine ont été (enfin) supprimées en 1997. Le sort des homosexuels, ou l'une des nombreuses facettes des violations des droits des citoyens cubains lorsque Castro était au pouvoir.

638

Le nombre de fois, selon des anticastristes, où la CIA a essayé de se débarrasser de Fidel Castro. Et toutes les pratiques ont été bonnes pour nuire au chef d'État cubain : stylo empoisonné, coquillage piégé (Fidel Castro aimait beaucoup la plongée), produit chimique dans l'une de ses boîtes de cigare, etc.

900

La fortune estimée, en millions de dollars, à Fidel Castro par le magazine américain Forbes ayant relayé des informations d'ex-fonctionnaire de Cuba, soit une partie non négligeable (10 % !) du PIB du pays. La valeur des entreprises nationales de Cuba ont été comptées comme faisant partie de sa fortune personnelle.

Fidel Castro a toujours nié cette information, soulignant qu'il ne gagnait que 900 pesos par mois, soit 40 dollars.

1 400

Le nombre d'exilés cubains, soutenus par le gouvernement américain, qui ont tenté de reprendre le pouvoir lors du débarquement de la Baie des Cochons. Un projet approuvé par le président Kennedy en avril 1961 mais qui s'avéra être un échec total.

Dans la foulée, Fidel Castro se déclare marxiste-léniniste et, un an plus tard, la fameuse "crise des missiles", quelques mois après l'embargo total et américain sur le commerce avec Cuba, met le monde au bord d'une guerre nucléaire.

125 000

Le nombre de Cubains qui ont choisi, en avril 1980, l'exode, autorisée par les États-Unis, après des décennies de révolution cubaine qui n'avait jamais porté ses fruits autour de tentatives d'industrialisation qui n'ont jamais vraiment fonctionné.

L'échec le plus retentissant de Fidel Castro depuis son arrivée au pouvoir en 1959. Encore aujourd'hui, plus de 20 000 Cubains s'expatrient chaque année aux États-Unis. Il existe aujourd'hui 1,7 millions d'exilés cubains sur le sol américain.

3 millions

Le nombre de touristes à Cuba en 2013. Si le pays a perdu 99 % de ses touristes après la Révolution et la prise de pouvoir de Fidel Castro, le dirigeant a progressivement relancé une politique destinée à attirer de nouveaux touristes.

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