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L’ex-chef du FBI accuse de nouveau Donald Trump lors de son audition au Sénat américain

Publié le

par Cyrielle Bedu

Limogé par Donald Trump en mai dernier alors qu’il enquêtait sur des liens supposés entre l’équipe de campagne du futur président et la Russie, l’ancien directeur du FBI James Comey a été auditionné ce jeudi 8 juin par la commission d’enquête du Sénat américain.

C’est un moment historique qu’ont vécu les Américains ce jeudi 8 juin : l’ancien directeur du FBI a en effet été entendu par le Sénat américain sur les graves accusations qu’il porte à l’encontre du président Donald Trump.

Tout le monde prend cette affaire très au sérieux aux États-Unis. L’audition, qui se tenait à 10 heures (heure locale) était retransmise sur toutes les chaînes de télévision généralistes et d’information américaines. Dans tout le pays, des bars ont exceptionnellement ouvert dans la matinée pour diffuser le témoignage de l’ancien patron du FBI. Des événements autour du thème "Covfefe" ont même été planifiés sur Facebook. Un moment historique, on vous dit…

Il faut dire que le témoignage de l’ancien numéro un du FBI était particulièrement attendu. Car comme l’expliquait le New York Times le 16 mai dernier, James Comey avait sous-entendu avoir reçu des pressions de la part du président Trump, afin qu’il abandonne son enquête sur des liens supposés entre la Russie et Michael Flynn, l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump. Michael Flynn avait dû démissionner en février, après avoir menti sur le contenu d’une conversation téléphonique avec l’ambassadeur de Russie à Washington.

Cette fois-ci, devant le Sénat américain, James Comey a tempéré ses accusations. Le président américain n’aurait ainsi pas explicitement demandé à l’ancien boss du FBI de suspendre l’enquête sur Michael Flynn. Mais James Comey aurait tout de même implicitement compris les paroles du président "comme une instruction", comme il l’a expliqué au cours de cette audition qui a duré près de deux heures et demie.

Des dîners gênants

Peu avant son témoignage devant le Sénat, James Comey avait décrit dans une déposition écrite par ses soins avant son audition (et mise en ligne dès le 7 juin sur le site du Sénat américain) les rapports qu’il avait entretenus avec Donald Trump, dès leur première rencontre le 6 janvier dernier. L’ex-chef du FBI relate notamment des conversations ayant eu lieu au cours de dîners en tête à tête avec le président. Des moments étranges, voire tendus, selon lui, comme lors de ce repas à la Maison-Blanche le 27 janvier :

"[Quelques instants plus tard], le président dit : 'J’ai besoin de loyauté, j’attends de la loyauté.' Je n’ai pas bougé, pas parlé, ni changé l’expression de mon visage de quelque façon que ce soit pendant le silence gênant qui suivit. Nous nous sommes simplement regardés en silence. Nous avons parlé d’autre chose, mais il est revenu à ce sujet vers la fin du dîner […]

[Donald Trump] a dit : 'J’ai besoin de loyauté.' Ce à quoi j’ai répondu : 'Vous aurez toujours de la loyauté de ma part.' J’ai fait une pause, et j’ai ajouté : 'Vous aurez cela de ma part.' Comme je l’ai écrit dans le mémo que j’ai rédigé immédiatement après notre dîner, il est possible que nous ayons compris l’expression 'honnêteté loyale' différemment."

James Comey évoque également dans sa déposition la crainte que le président américain ne tente de créer "une sorte de relation clientéliste" entre eux.

Alors, Donald Trump a-t-il cherché à entraver la justice lors de ses nombreuses discussions avec James Comey ? La commission d’enquête du Sénat le déterminera.

Donald Trump (qui s’est retenu de tweeter pendant toute l’audition de James Comey) n’a en tout cas pas attendu bien longtemps avant de réagir aux déclarations publiques de l’ex-directeur du FBI. Le lendemain de l’audition, Donald Trump a en effet tweeté (avec sa classe habituelle) :

"Malgré tant de faux témoignages et de mensonges, confirmation totale et complète… ET WOW, Comey est une balance."

Au cours de son audition, James Comey a en tout cas été précis concernant la supposée intervention de la Russie au cours de la présidentielle américaine  :

À lire -> Donald Trump peut-il être destitué ?

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