FaceGlória, le Facebook évangélique qui cartonne au Brésil

Imaginez un Facebook où les insultes et les selfies en bikini sont bannis, où être gay est interdit, où les "j'aime" ont été remplacés par des "Amen" et vous aurez FaceGlória, le nouveau réseau social évangélique qui cartonne au Brésil.

Mon profil Facegloria. Je n'ai pas encore d'amis donc ajoutez-moi :) (Crédits photo: capture d'écran)

Mon profil FaceGloria. J'ai déjà un "seguidores" (capture d'écran du site)

"Sur Facebook on peut voir énormément de violence et de pornographie. C'est pour cela que nous avons pensé à créer un réseau où nous pourrions parler de Dieu, d'amour et de partager ses mots". C'est en ces mots qu'Atilla Barros, un des fondateurs et designer web de FaceGlória, explique la genèse du réseau social brésilien à l'AFP. FaceGlória se veut être une version "sans péché" de Facebook. Adieu les commentaires trolliens insultants, vos photos de soirées où se mélangent bières vides et clopes écrasées ou autres selfies en bikini.

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À la place, vous trouverez un petit lecteur de musique gospel ou "rock" chrétien, le tout en brésilien. Impossible d'aimer les publications de vos amis, mais vous pourrez clamer votre joie avec le bouton "Amen". Il serait même interdit d'évoquer l'existence de l'homosexualité, au risque d'être banni...

Définition du paradis pour une poignée de puritanistes, ou de l'enfer pour une bonne flopée d'autres, une chose est sûre : l'entreprise fonctionne. Près de 100 000 utilisateurs se sont inscrits dès le premiers mois. Peu étonnant, lorsque l'on sait l'importance de l'évangélisme au Brésil (22% de la population, soit 42 millions de brésiliens sur 202 millions).

FaceGloire

L’entreprise démarre il y a trois ans, alors que Barros et trois autres collègues bossent à la mairie de Ferraz De Vasconcelos, près de Sao Paulo. Ensemble, ils pensent à une version propre de Facebook. Le maire en personne les aide alors en leur filant 16 000 dollars, fonds nécessaire à l'entreprise.

On trouve une vingtaine de volontaires qui patrouillent sur FaceGlória à la poursuite de vulgarités – il y aurait une liste de 600 mots à bannir – et de tout ce qui est interdit par le site. Ces derniers ont néanmoins peu à faire, comme l’explique Daiane Santos, bénévole de 26 ans, car leur "public ne publie pas ce genre de photos."

Jesus sur FaceGlória (crédits photo: Zack Hunt)

Jesus sur FaceGlória (Crédits photo : Zack Hunt)

L’ambition du site est grande et sérieuse. Si la croissance des évangéliques continue ainsi, ils devraient être majoritaires d’ici 2040. FaceGlória devrait suivre le mouvement. Barros, toujours :

Nous voulons être moralement et techniquement meilleurs que Facebook. Nous voulons que tous les Brésiliens évangéliques débarquent sur FaceGlória. D’ici deux ans, nous espérons avoir 10 millions d’utilisateurs au Brésil. Nous avons eu 100 000 utilisateurs en un mois et nous attendons une grosse augmentation grâce à l’application pour mobile.

Le maire de Ferraz de Vasconcelos va plus loin encore :

Notre réseau est global. Nous avons acheté le nom de domaine FaceGlory en anglais et dans toutes les langues. Nous voulons dépasser Twitter et Facebook ici, et partout ailleurs.

Supplanter les deux mastodontes du réseau social à coups de amen et de censure puritaine, voilà donc le but du réseau social brésilien. Rien que ça. Bizarrement, Zuckerberg n'a pas encore réagi.

Par Arthur Cios, publié le 07/07/2015

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