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Facebook : vous allez enfin savoir si vos données ont été aspirées par Cambridge Analytica

Publié le

par Thibault Prévost

Lundi 9 avril, Facebook va commencer à déployer le système qui lui permettra d’avertir les utilisateurs dont les données ont été récupérées par la firme.

© Pexels

Voilà, vous allez enfin pouvoir savoir si vous faites partie des 50 millions 87 millions d’utilisateurs de Facebook dont les données personnelles ont été gentiment "aspirées" par la firme d’analyse Cambridge Analytica, sans votre consentement et sans que vous ne soyez au courant, à la faveur d’un innocent quiz rempli par l’un de vos amis – sur lequel vous pourrez désormais déverser entièrement votre haine et votre mépris.

Ce lundi 9 avril, comme prévu, Facebook a commencé à déployer son nouvel outil, en théorie tout simple : si votre compte a été affecté par la brèche de confidentialité – en France, écrivait FRAndroid, 76 personnes ont répondu au quiz, "infectant" 210 000 comptes —, vous devriez voir s’afficher un message en haut de votre fil d’actualité, qui vous expliquera patiemment quelles informations vous ont été volées et comment.

Tous les autres utilisateurs verront apparaître une notification, intitulée "protéger vos informations", qui vous enverra directement vers la liste de toutes les applications auxquelles vous avez ouvert les portes de vos données personnelles –n’attendez pas le message, faites-le vous-même juste ici — et des instructions pour faire le ménage dans toute cette chienlit. En tout cas, en théorie : à 16 heures (heure de rédaction de cet article), point de message à l’horizon sur nos pages Facebook.

Les données stockées… en Russie ?

Quoi qu’il en soit, le message de notification de hack – ne nous mentons pas, ce n’est ni plus ni moins qu’une manière sympa de vous informer que vous vous êtes fait pwned — ne concernera qu’une minorité des 2,2 milliards d’utilisateurs de Facebook. Du moins pour le moment : la semaine dernière, dans une étrange "conférence de presse téléphonique", Mark Zuckerberg déclarait qu’il existait probablement d’autres applications comme Cambridge Analytica ayant profité des largesses offertes par Facebook pour profiter pleinement de son interface de programmation (API). Au point que, selon lui, les données de tous les utilisateurs du site sont vulnérables à ce type de combine. Tout le monde. Même toi, oui.

Preuve par l’exemple : les 7 et 8 avril derniers, le réseau social suspendait l’activité de deux entreprises d’analyse de données, AggregateIQ et CubeYou, deux firmes dont l’activité (l’analyse de grands ensembles de données à des fins politiques) et le mode opératoire (construire des quiz d’apparence inoffensive pour s’en servir comme aspirateurs à données) rappellent énormément Cambridge Analytica. Ne soyons pas naïfs : les profondeurs de la régie publicitaire de Facebook regorgent de ce genre d’entreprises, et d’autres scandales vont probablement surgir dans les mois qui viennent.

Mieux : pas plus tard que ce dimanche 8 avril, le lanceur d’alerte de Cambridge Analytica Christopher Wylie (depuis mis en cause dans une enquête de BuzzFeed pour avoir proposé ses services à l’équipe de campagne de Trump via sa propre start-up, Eunoia) expliquait que le nombre d’utilisateurs touchés par Facebook pourrait être plus élevé que les 87 millions avancés, et que leurs données pourraient être stockées… en Russie.

Après tout, pourquoi pas, de toute façon, un scandale n’est plus complet de nos jours sans évoquer la Russie à un moment ou à un autre. Pourquoi ? Tout simplement parce que, malgré les promesses de Facebook et de Cambridge Analytica, les données volées n’ont toujours pas été effacées, et ont donc pu être copiées… à peu près partout dans le monde. À ce niveau-là, il n’y a plus rien à commenter, le facepalm reste encore la meilleure option. Vivement le prochain épisode.

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