Source : Facebook

Facebook veut faire de l’ombre à YouTube avec sa nouvelle plateforme Watch

Chez YouTube, les visages affichent probablement grise mine. Dans un communiqué publié hier, Facebook annonce le lancement prochain de "Watch", une plateforme dédiée exclusivement aux "Shows", des contenus vidéo misant sur la qualité. Analyse de la lutte à venir.

(© Facebook)

Watch ressemblera à YouTube…

Watch, qui sera disponible dans un premier temps aux États-Unis, sera accessible par toutes les portes d’entrée du réseau social : sur mobile, sur le Web et sur Facebook TV, un dispositif qui permet de regarder Facebook via la télévision qui n’est pas encore disponible en France.

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Sous certains aspects, Watch ressemblera à YouTube. Il s’agira d’un portail vidéo où les utilisateurs navigueront de vidéo en vidéo selon leurs goûts et les tendances du moment. Les vidéos seront courtes et il y aura des live. On trouvera également une fonctionnalité "Watchlists", qui n’est pas sans rappeler l’abonnement aux chaînes YouTube. Enfin, côté vidéastes, les contenus seront monétisables à coups de coupures publicitaires – jusque-là, chez Facebook, ce système était en bêta-test alors qu’il est au cœur de l’écosystème YouTube depuis belle lurette.

…mais Watch aura quand même son identité propre

À bien des égards cependant, Watch ne sera pas YouTube. Watch veut éviter une chose : l’effet poubelle que l’on attribue si facilement aux réseaux sociaux. La plateforme sera nourrie de "Shows" qualitatifs validés par et en partenariat avec Facebook. Une liste des premiers heureux élus a déjà circulé. On y trouvera donc des "facebookeurs" (on vient d’inventer le mot, puisse-t-il seulement buzzer) archi-populaires comme Nas Daily, mais aussi de la découverte plus classique avec National Geographic ou des live sportifs encore plus classiques.

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Autre différence de taille, Facebook misera sur son atout premier : les mille interactions possibles entre les amis, les "communautés" (un concept cher au réseau social) et ces nouveaux Shows. Les émojis et réactions en live des amis permettront donc aux contenus de remonter, buzzer, bad-buzzer ou disparaître avec des raffinements algorithmiques et affectifs sans précédent.

De la place pour tout le monde ?

Les observateurs voient d’abord en Watch un environnement complémentaire à celui de Google, puisque les contenus seront très courts et sélectionnés en aval, contrairement à YouTube, justement, où l’éditorialisation n’a qu’une valeur incitative. Gardons aussi à l’esprit que Facebook, réseau social de naissance, n’est pas aussi ouvert et accessible que YouTube. Et que tous les millennials ne sont pas sur Facebook.

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Côté facebookeurs (on aime vraiment le terme), Watch pourrait dans un premier temps être une source de revenus supplémentaire. Mais ne nous leurrons pas : le temps de cerveau dédié aux vidéos disponible chez l’utilisateur n’est pas malléable à l’infini. D’une manière ou d’une autre, YouTube morflera.
 

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Vous passiez déjà beaucoup de temps à mater des vidéos ? Les choses risquent de ne pas s’arranger. Mais pas de mauvaise conscience. Dans son communiqué, Facebook n’y voit pas de la boulimie mais de la "sérendipité", qui consiste, au départ, à faire une découverte scientifique ou technique alors que l’on cherchait autre chose. Découverte vidéo après découverte vidéo, Watch rendra le monde meilleur.
 

Par Pierre Schneidermann, publié le 10/08/2017

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