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Facebook va faciliter le don de sang en Inde : est-ce envisageable en France ?

Publié le

par Pierre Schneidermann

La fonctionnalité sera déployée le 1er octobre, d’abord en Inde, avant d’être étendue si tout se passe bien. Et la France dans tout ça ?

Embourbé dans le bad buzz lié à l’ingérence d’instances russes dans les élections américaines, Facebook vient de sortir une carte jouant sur le registre opposé. Dans un communiqué de presse publié le 27 septembre, le réseau social présente une nouvelle fonctionnalité qui permettra de mettre en relation demandeurs et donneurs de sang. Cette mise en rapport sera d’abord testée en Inde - le pays souffre de graves pénuries de sang - et pourrait être élargie, par la suite, à d’autres pays.

Les demandes de don sanguin existaient déjà en Inde, précise Facebook. Mais jusque-là, les messages et les annonces transitaient de manière informelle. La mise en place d’un système dédié permettrait d’enrichir ces interactions. Concrètement, les utilisateurs indiens recevront un message leur proposant de remplir une fiche donneur qu’ils pourront, s’ils le veulent, partager avec leur réseau. Ils recevront une notification dès qu’une personne à proximité sera dans le besoin. Le demande pourra provenir d’un particulier ou d’une organisation. Les deux parties seront ensuite mises en relation soit via Messenger (l’appli de discussion de Facebook), soit via WhatsApp (l’appli de discussion rachetée par Facebook) ou sinon tout simplement par téléphone.

Le don de sang via Facebook pourrait-il aussi débarquer en France ? Peut-être, mais pas du tout sous la même forme, nous explique-t-on à l’Établissement français du sang (EFS). Chez nous, le don de sang est 1) anonyme 2) géré exclusivement par l’EFS et 3) anticipé. En effet, la France dispose en moyenne de 11 à 12 jours de réserve en permanence. Dans des pays moins organisés comme l’Inde, les dons sont en flux tendus. Ce qui n’a pas empêché l’EFS d’entamer, de son côté, sa révolution digitale. Les alertes par SMS - 16 millions de messages ciblés envoyés en 2016 - en cas de risque de pénurie fonctionnent bien. Sur Facebook, l’établissement achète régulièrement des campagnes de publicité ciblée. En juin dernier et dans une veine plus créative, on a vu apparaître sur Twitter le hashtag #MissingType : les marques étaient invitées à retirer les lettres A, B et O de leurs noms et logos.

À terme, l’EFS n’exclut pas d’envisager des actions plus abouties en empruntant les canaux de Facebook. Des alertes couplées à un système de géolocalisation pourraient être mises en place. Et plein d’autres campagnes virales restent à imaginer. Philippe Moucherat, directeur de la communication de l’EFS, observe qu'"aujourd’hui, beaucoup de personnes font le don du sang d’une main et font des selfies avec celle qui leur reste pour les partager sur les réseaux sociaux. À nous de nous adapter !"

Target #1 : les millennials, évidemment.

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