Facebook lance Slingshot, son Snapchat

Branle-bas de combat chez Facebook : il faut se défendre face à Snapchat, coûte que coûte. Alors que la firme de Mark Zuckerberg perd du terrain chez les jeunes, le réseau social vient de lancer son Snapchat : il s'appelle Slingshot.

Mark Zuckerberg a la haine. Non seulement son offre de rachat auprès de Snapchat n'a jamais abouti, rejetée dès proposition par Evan Spiegel, patron de la start-up à succès, en novembre 2013 ; mais, pire encore, les répliques initiées par le réseau social ont conduit à de terribles flops, comme en atteste la fermeture de Poke, opérée avec le plus de discrétion possible. Chez Facebook, les applis se cachent pour mourir.

Interface de l'application de messagerie éphémère Snapchat (Crédits image : Mashable)

Interface de l'application de messagerie éphémère Snapchat (Crédits image : Mashable)

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Bon. En vrai, on ne sait pas avec certitude si Mark Zuckerberg a la haine. Mais ce qui est certain, c'est que le brillant CEO de Facebook prend la situation tellement au sérieux qu'il superviserait en personne la conception d'un service d'échange de photos et de vidéos éphémères. C'est le Financial Times qui semblait le mieux informé à la mi-mai 2014.

Disponible dès aujourd'hui

Comme l'affirmait le quotidien économique, la firme de Menlo Park travaillait "depuis plusieurs mois" à cette appli, misant sur une interface "simple et rapide". Le journal croiyait même savoir que le projet a pour nom en interne Slingshot ("lance-pierres"), confirmé aujourd'hui pas Facebook en personne via un post sur son blog accompagné d'une vidéo et d'un lien pour télécharger l'appli, uniquement disponible aux États-Unis pour le moment.

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Et le fonctionnement est plutôt simple : pas besoin de vous connecter via Facebook, seul un numéro de portable (iPhone et Android sont les seuls concernés) suffit. Vous prenez une photo ou une vidéo, vous pouvez lui rajouter du texte et même des petits dessins. Pour que le récepteur de votre message reçoive votre image, il faudra qu'il partage lui ausi un contenu. Une différence de taille par rapport à Snapchat qui permettait de recevoir des images ou vidéos sans forcément devoir les "débloquer".

Bien sûr, il existe une possibilité de passer par Facebook : vous devrez donner au réseau social l'autorisation d'accéder à votre appli Slingshot. Oups.

Attirer les plus jeunes

Pour Facebook, les services de messagerie instantanée représentent le futur. En février 2014, le jeune PDG le plus célèbre d'Internet acquérait WhatsApp – et ses 500 millions d'utilisateurs – pour 19 milliards de dollars. L'objectif : offrir à son public jeune les services dont il a besoin et donner tort à ces articles qui dénoncent un ras-le-bol des jeunes pour Facebook et ses applis.

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Aussi, comme note à juste titre Silicon Valley, blog du Monde.fr, le champ de bataille s'est progressivement déplacé de l'ordinateur au smartphone, terrain privilégié des luttes économiques. Les analystes voient le développement exponentiel des applications de messagerie comme la plus grande menace que devra affronter Facebook pour survivre auprès des jeunes utilisateurs – qui s'ennuieraient progressivement sur ce réseau selon plusieurs études. Cette perte d'influence chez les jeunes, si elle se poursuivait, augurerait du pire : en termes de high tech notamment, les jeunes sont, malgré eux, des "faiseurs de cool".

"Snapchat réussit sur le segment-même où Facebook perd des points : les adolescents. [Pour Facebook,] L'introduction continue de nouveaux services, en développement interne ou par acquisition, est essentielle au maintien de la participation des utilisateurs", témoigne Geoff Blaber, analyste mobile à CCS Insight. Reste que la bonne étoile de Snapchat brille toujours : pour l'instant, les mensonges sur sa politique de confidentialité, ni la fuite des données de 4,6 millions d'utilisateurs n'ont sérieusement entamé son inexorable course au progrès.

-> À lire : Snapchat a trompé ses utilisateurs

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Article mis à jour le 18 juin 2014

Par Théo Chapuis, publié le 18/06/2014

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