Crédit: Andre Francois/ Unsplash

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Facebook n’affichera plus de publicités liées à la cryptomonnaie

Les nouvelles règles publicitaires présentées par le réseau social le 30 janvier interdisent désormais la réclame pour les cryptomonnaies et ICO.

Crédit: Andre Francois/ Unsplash

Fini de voir votre flux d’informations Facebook transformé en réclame géante pour des cryptomonnaies plus absurdes les unes que les autres vous faisant toutes miroiter la promesse d’une richesse rapide et garantie : le 30 janvier, en publiant ses nouvelles règles publicitaires, le réseau social de Mark Zuckerberg a fait un choix : celui de considérer ces produits comme des arnaques. Et c’est pas plus mal.

Dans la nouvelle section, sobrement nommée "produits et services financiers interdits", Facebook déroule son nouvel argumentaire anticryptomonnaies comme suit : "Nous souhaitons que les gens continuent à découvrir de nouveaux produits et services à travers les publicités Facebook sans craindre l’arnaque ou la déception. Cela dit, beaucoup d’entreprises qui font de la publicité pour des options binaires, des initial coin offering (ICOs, les lancements de nouvelles monnaies en échange d’investissements) et des cryptomonnaies n’agissent pas de bonne foi." Et paf. Résultat : plus de pubs de ce type sur Facebook. La disposition s’applique non seulement à Facebook, mais aussi à sa filiale Instagram.

Aucune entreprise n’est explicitement visée par cette mesure – plutôt surprenante par sa sévérité, considérant la relative liberté traditionnellement laissée aux annonceurs sur le réseau social –, mais difficile de ne pas penser au scandale BitConnect, comme le rappelle Numerama : en janvier, la plateforme était accusée d’être "la plus grosse pyramide de Ponzi de tous les temps" (et doit désormais répondre de deux procès aux États-Unis) après avoir patiemment construit un montage pyramidal qui voyait ses "clients" transformer leur monnaie en jetons BCC en échange de la promesse d’un mirifique taux de rendement de 3 000 %.

Et dans l’espèce de Far West qu’est devenu le monde des cryptomonnaies, d’autres BitConnect doivent forcément exister, prêts à piller les comptes épargne d’utilisateurs abusés. Facebook, visiblement, préfère rester en-dehors de tout ça. Une petite volte-face quand même, puisque Mark Zuckerberg vantait, dans ses étranges bonnes résolutions annuelles, les mérites de la blockchain et du chiffrement comme outils de décentralisation du secteur technologique. Mieux, le 5 janvier dernier, le fondateur de Facebook expliquait même que ses équipes étaient en train de voir "comment utiliser au mieux [ces technologies]" dans le réseau social.

Facile d’en deviner l’intérêt : en décentralisant sa structure, la plateforme pourrait être beaucoup plus résistante à la censure d’État ; d’autre part, une cryptomonnaie estampillée Facebook pourrait offrir à l’utilisateur d’effectuer des achats sécurisés sans sortir du réseau social, en donnant un sacré coup d’accélérateur à Marketplace. Avec ses nouvelles règles de publicité, Facebook est-il en train de faire place nette avant de placer son propre produit ? Mark Zuckerberg l’a déjà prouvé par le passé, il est un des seuls types au monde à tenir ses résolutions annuelles.

Par Thibault Prévost, publié le 01/02/2018

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