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Sur Facebook, les Américains se mobilisent pour aider les manifestants contre l'oléoduc de Standing Rock

Un mouvement a été initié sur Facebook pour empêcher la police de localiser les opposants à un projet d’oléoduc monumental.

© (Sacred Camp Facebook)

© (Sacred Camp Facebook)

Lundi 31 octobre, aux États-Unis, plus de 600 000 personnes se sont signalés sur Facebook comme étant dans la réserve indienne de Standing Rock, alors que beaucoup d’entre elles se trouvaient en réalité à des kilomètres du Dakota.

Cette action de protestation virtuelle a été organisée en soutien aux Indiens et aux manifestants opposés à la construction d’un oléoduc gigantesque. En effet le Dakota Access Pipeline, long de plus de deux mille kilomètres, traverserait la réserve – en passant sur des terres que les Sioux considèrent comme sacrées – au mépris des risques de pollution de l’eau.

Les Sioux, qui se sont surnommés "les protecteurs de l’eau", se rassemblent quotidiennement depuis des mois sur le site des travaux de ce projet estimé à 3,8 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros). Leur détermination a abouti à des affrontements avec les forces de l’ordre le 27 octobre. 117 manifestants ont été arrêtés. 27 personnes avait déjà été mises en garde à vue le 10 octobre, dont la star du film Divergente, Shailene Woodley.

(Image via Sacred Stone Camp Facebook)

(© Sacred Stone Camp Facebook)

En réaction à une rumeur selon laquelle la police s’aidait des statuts Facebook pour identifier les contestataires, des milliers de personnes se sont localisées à Standing Rock le 1er novembre pour compliquer la tâche des forces de l'ordre, en publiant le statut suivant :

"Le département de police de Morton County utilise la fonction de localisation de Facebook pour identifier ceux qui se réunissent à Standing Rock dans le but de démanteler les cercles de prières.

Les protecteurs de l’eau appellent tout le monde à se localiser à Standing Rock, en Dakota du Nord, pour les noyer d’informations et les dérouter. C’est une action concrète qui peut protéger les gens qui mettent leur sécurité en jeu sur place, et à laquelle chacun peut contribuer en restant chez soi."

Des instructions étaient également fournies :

  • "Si vous partagez votre position géographique à Standing Rock :
  •  Faites-le dans un statut public
  • Postez l’explication séparément et limitez la visibilité de ce statut à vos amis seulement
  • Ne clarifiez pas la situation dans les commentaires du statut public
  • Copiez-collez ce message dans le statut privé"

Le mouvement ne s'est pas interrompu depuis son lancement et se poursuit toujours actuellement.

"La terre est ma mère, l’eau est son sang."

"Je suis debout en signe de solidarité."

standing rock

© Sacred Camp Facebook

Interrogés par le magazine américain Snopes, les membres du camp de militants Sacred Stone ont nié être à l’origine du mouvement, mais ont déclaré apprécier ce signe de soutien, même s’ils ne pensent pas que cela ait véritablement d’impact sur les actions de la police.

Il est toutefois possible de venir concrètement en aide à la tribu sioux de Standing Rock en faisant une donation au fonds qui a été ouvert pour couvrir les frais de justice du mouvement. Plus d’un million de dollars ont déjà été récoltés. Une liste a également été publiée sur les réseaux sociaux de ce qui manque sur place :

"Le camp a suffisamment d’eau, de matériel scolaire, de papier toilette, de médicaments et de vêtements. En revanche, nous avons besoin de : tentes, cordes, couvertures, sacs de couchage, chaussettes, manteaux, gants, bonnets et de bâches."

La police de Morton County, elle, a démenti dans un post Facebook qu'elle utilisait le réseau social pour surveiller les opposants à l'oléoduc :

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet

Par Alexandra Phanor-Faury, publié le 02/11/2016