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Facebook explique à ses annonceurs comment faire du fric sur votre rupture

Publié le

par Thibault Prévost

Le réseau social, via sa plateforme Insights, explique à ses publicitaires comment tirer profit des néo-célibataires, qui réclament des expériences.

<em>Social Network</em> (© Sony Pictures)

Il/elle vient de se barrer avec pertes et fracas et vous vous retrouvez seul(e), désemparé(e), avec pour unique projet d'écouter l'intégrale des Cure en repeat en regardant la pluie détremper votre estime personnelle ? Félicitations, vous êtes une cible privilégiée pour les publicitaires de Facebook. Eh ouais, à force de partager la moindre nanoseconde de votre existence banale sur le réseau social, ne vous étonnez pas si Facebook est déjà au courant que vous êtes de retour dans le game du célibat. Et il sait aussi qu'un célibataire, ça veut se changer les idées, si possible en consommant. Mais pas n'importe comment, attention : pousser un cœur brisé à claquer un RSA en biens inutiles et services superflus, ça demande du doigté.

Pour expliquer à ses publicitaires comment faire du profit sur les ruptures de ses utilisateurs, Facebook a donc mené une étude statistique pour tenter de déchiffrer les comportements des célibataires. Les résultats, compilés en une sorte de manuel de monétisation de la rupture amoureuse baptisé "Ce qui soulage un cœur brisé sur Facebook", ont été publiés le 3 février sur la page Facebook Insights. Spoiler : pour "soulager un cœur brisé", vendez-lui de l'expérience, un voyage, un parc d'attractions, bref n'importe quoi pour le sortir de sa torpeur mélancolique. Ne vous inquiétez pas, il achètera.

Thérapie par le voyage

Pour parvenir à cette conclusion, les équipes d'analystes de données de Facebook IQ ont disséqué les comportements de célibataires de plus de 18 ans dans cinq pays, dont la France, ayant récemment changé leur statut de "en couple" à "célibataire". Premier enseignement : les néo-célibataires ne l'annoncent pas tout de suite sur Facebook mais laissent passer un peu de temps. Cependant, ils se trahissent en allant plus souvent visiter le réseau social et, surtout, en acceptant 40 % d'invitations à des événements en plus par rapport à une activité sociale "normale". Autre enseignement : les hommes évoquent plus rapidement que les femmes leur "guérison" émotionnelle, histoire de bien faire comprendre à tout le monde que ce sont des durs à cuire – alors qu'au fond, ils sont probablement en train de pleurer tous les soirs devant un album photo, pauvres petites choses.

Côté consommation, Facebook fait remarquer à ses publicitaires que les nouveaux célibataires se foutent pas mal d'acheter des objets, mais préfèrent au contraire accumuler de l'expérience : dans le mois consécutif à la rupture, le réseau social constate "une augmentation de 25 % des achats liés au voyage". Les activités liées au sport ou la santé semblent également être prisées des âmes en peine pour leur aspect thérapeutique. Facebook conseille donc à ses annonceurs "d'offrir de l'expérience" aux célibataires,  d'avoir "plus d'empathie" pour fidéliser la clientèle et de se concentrer sur la navigation par smartphone pour être "aussi mobile qu'eux". Si vous trouvez que vous allez un peu trop sur Facebook ces temps-ci et que vous voyez apparaître des pubs d'agence de voyages sur votre portable, inquiétez-vous...

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