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AI, drones et chatbots : la stratégie de Facebook pour les dix prochaines années

Publié le

par Arthur Cios

Mark Zuckerberg a dévoilé hier la stratégie de Facebook pour les dix prochaines années. Au programme, intelligence artificielle, chatbots, réalité virtuelle et l'envie toujours plus forte de connecter le monde entier.

C'est à l'occasion de la F8, conférence consacrée à Facebook et destinée aux développeurs, que Mark Zuckerberg a révélé ce que sera, pour lui, l'avenir du réseau social d'ici dix ans, à savoir : de l'intelligence artificielle pour des bots sur Messenger, pas mal de réalité virtuelle et surtout toujours plus de connectivité.

Selon le créateur et PDG du réseau social, cette stratégie se déploiera en trois parties : d'abord l'amélioration du service fourni par Facebook d'ici trois ans, puis le perfectionnement de ses applications telles que Messenger, WhatsApp ou Instagram d'ici cinq ans. La troisième partie sera consacrée à l'intelligence artificielle et la réalité virtuelle.

La "roadmap" finale de Facebook sur 10 ans (Crédits : <a href="http://newsroom.fb.com/news/2016/04/f8-2016-day-1/" target="_blank">Facebook</a>)

Messenger Platform : de l'intelligence artificielle aux bots

Pas plus tard que la semaine dernière, Facebook dévoilait un outil permettant d'analyser les images partagées sur le réseau social, afin que les membres aveugles puisse obtenir une description des contenus plus précises. Comment? Grâce à une intelligence artificielle sachant lire et reconnaître des éléments sur une image.

Il était donc assez peu surprenant de voir la part importante consacrée à l'IA dans cette conférence, surtout évoquée dans le cadre de Messenger et ses futurs "chatbots". Facebook prévoit de lancer très prochainement Messenger Platform, qui contiendra en plus des programmes "intelligents" liés à des entreprises qui, en fonction de vos intérêts ou envies, vous enverront des messages de manière automatique. Explications du boss :

"Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui aime appeler une entreprise, et personne ne veut avoir à installer des applications pour chaque service qu'il veut utiliser. [...] Nous pensons que vous devriez pouvoir écrire à une entreprise de la même manière que vous écrivez à un ami, que vous devriez avoir une réponse rapide, que ça ne devrait prendre toute votre attention comme c'est le cas avec un coup de fil et que vous ne devriez pas installer une nouvelle application à chaque fois."

Mark Zuckerberg prend l'exemple de CNN pour expliquer son propos : le média vous enverra un message récapitulant les principales informations, sachant que plus vous l'utiliserez, plus les messages seront personnalisés. Vous pourrez aussi demander plus d'informations sur un sujet précis, comme le virus Zika par exemple. Autre possibilités évoquées par le big boss : échanger avec un fleuriste, pour recevoir un bouquet directement chez vous, via l'application Messenger. Cette technologie fait partie de la deuxième partie de sa "roadmap".

Exemple de conversation au calme avec CNN.

Le live, la VR et Internet pour tous

Autre thèmes abordés, les vidéos live, dont Zuckerberg est particulièrement fier, et qui devrait s'élargir à d'autres appareils, notamment les drones. La réalité virtuelle a aussi été mise en avant (rappelons qu'Oculus Rift a été racheté par Facebook il y a deux ans), dévoilant ce que Zuckerberg imagine pour l'avenir de cette technologie : des lunettes de vue mêlant réalités virtuelle et augmentée.

Enfin, Facebook se targue de bientôt permettre un accès à Internet plus global et à moindre coût partout dans le monde, grâce son programme Free Basics. Mark Zuckerberg explique vouloir "rassembler les gens, donner une voix à tous, soutenir le libre échange d’idées et de cultures entre les nations". Le Monde rappelle que le message est clairement politique, notamment avec ce passage, faisant référence à Donald Trump et son mur destiné à séparer les États-Unis du Mexique, entre autres.

"J’entends des voix apeurées qui appellent à construire des murs, [...]  à limiter la liberté d’expression, à ralentir l’immigration [...] et même à couper l’accès à Internet. Cela demande du courage de choisir l’espoir plutôt que la peur, de dire qu'on peut construire quelque chose et le rendre meilleur qu'il ne l'a jamais été.  Il faut être optimiste pour penser que l’on peut changer le monde."

Un message qui ne passe pas toujours, puisque, toujours selon Le Monde, l'Inde a bloqué en février dernier Free Basics, estimant que le programme était contraire à la législation sur la concurrence.

Pour revoir le discours de Mark Zuckerberg dans son intégralité, c'est par ici.

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