Cet homme s’intéresserait de près à vos messages privés. (Crédit image : Begeek.fr)

Facebook analyse-t-il vos messages privés ?

Deux citoyens américains poursuivent Facebook en justice. Ils accusent le réseau social d'espionner jusqu'aux messages privés de ses utilisateurs. Explications. 

C'est une histoire du quotidien affreusement banale. Vous dialoguez sereinement de vos prochaines vacances avec votre petit(e) ami(e) via le service de messagerie Facebook. Au menu de votre conversation, quelques partages de liens : des comparateurs de vols jusqu'à Florence, un ou deux restaurants typiques alléchants en centre-ville et quelques musées et galeries. Juste de quoi se donner l'eau à la bouche, quoi.

Voilà alors que les publicités présentes dans les colonnes du réseau social ("Sponsorisé") vous semblent alors adressées : hôtels, vols et escapades touristiques s'accumulent sous vos yeux. Bizarre ? Peut-être pas.

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(Capture d'écran Twitter)

Se servir de publications privées

Aussi, que Facebook se serve de vos publications afin de vous proposer des contenus publicitaires appropriés, vous étiez déjà au courant. Mais que le réseau social analyse aussi vos messages privés est un fait contraire à sa politique d'utilisation des données. Deux citoyens américains en sont certains.

Matthew Campbell et Michael Hurley ont déposé une plainte lundi 30 décembre contre Facebook auprès de la Cour de district de Californie du Nord. Voilà ce qu'ils reprochent au géant des réseaux sociaux :

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Facebook a scanné les messages des plaignants et analysé les liens envoyés, notamment pour de l'analyse de données et le profilage des utilisateurs.

Selon les deux hommes, le réseau de Mark Zuckerberg ne se gênerait pas pour fouiller dans les missives les plus intimes afin d'y déceler des traces de votre intimité personnelle. Les deux plaignants sont catégoriques : ces données sont récoltées à des fins lucratives et notamment "avec des tiers : des annonceurs, des sociétés de marketing et autres agrégateurs de données". De quoi alimenter les bases de données et cibler les clients potentiels de la manière la plus efficace possible.

L'étude qui fait tâche

Dans les paramètres de confidentialité Facebook, il est bien indiqué que les messages privés ont vocation à le rester : ils ne sont pas supposés être disponibles à la lecturen, excepté entre l'expéditeur et le destinataire. Sauf que les deux hommes s'appuient sur une étude de High-Tech Bridge, une société de sécurité informatique suisse.

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High-Tech Bridge explique dans la synthèse de son étude datée du 27 août 2013 que des robots peuvent effectivement violer le caractère privé des messages partagés sur Facebook entre deux êtres humains. L'entreprise a testé une cinquantaine de réseaux sociaux, messageries et agrégateurs de contenus pour vérifier leur capacité à violer les messages privés.

Cet homme s'intéresserait de près à vos messages privés (Crédit image : Begeek.fr)

Et leur conclusion annonce :

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Pendant les dix jours de notre expérience, nous avons pris au piège six services parmi les 50 testés. Toutefois, parmi les six figurent quatre des plus grands et des réseaux sociaux les plus utilisés : Facebook, Twitter, Google+ et Formspring.

Facebook n'est donc pas le seul réseau social qui, pontentiellement, peut mettre un nez dans vos affaires.

Espionnage "potentiel" mais non prouvé

Dans son tableau de synthèse, HTB note que Facebook "espionne potentiellement" les messages privés comportant un lien. Les plaignants, puisque Facebook semble nier sur ce point, réclament l'arrêt total de cette pratique (qui n'est pas encore prouvée, donc) et des indemnités légales de 100$ par abonné et par jour de violation de la loi. Soit énormément d'argent pour un réseau qui compte plus d'un milliard d'utilisateurs.

Les services juridiques de Facebook ont déjà fait savoir leur indignation face à de telles accusations : "Nous pensons que ces allégations sont sans fondement et nous nous défendrons vigoureusement" a répondu un porte-parole du réseau social.

Par Théo Chapuis, publié le 05/01/2014

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