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Face à l’arsenal maritime japonais, Sea Shepherd renonce à traquer les baleiniers dans les mers du Sud

Publié le

par Jeanne Pouget

(© Vimeo /Fair Projects)

L’ONG écologiste Sea Shepherd a annoncé que face à la puissance maritime déployée par les chasseurs de baleines au Japon, elle ne pourrait mener à bien sa traque annuelle pour défendre les cétacés dans les mers du Sud pour la saison 2017-2018.

(© Vimeo/Fair Projects)

Malgré son investissement l’année dernière dans un nouveau navire futuriste et ultrarapide, l’Ocean-Warrior, l’ONG Sea Shepherd de Paul Watson a annoncé devoir abandonner avec regrets sa prochaine traque annuelle de baleiniers japonais dans les mers du Sud.

"Nous n’enverrons pas de navires dans les mers du Sud cette année, mais nous n’oublions pas ce sanctuaire et ses baleines" : dans un communiqué, l’organisation de défense des océans a estimé que de nouvelles stratégies récemment mises en place par le Japon empêchent ses militants d’œuvrer efficacement pour sauver les baleines dans cette région."Nous avons besoin de cultiver de nouvelles ressources et tactiques ainsi que notre capacité à faire cesser les activités des baleiniers japonais", explique le texte qui argue son infériorité stratégique et de moyens face à la marine nippone.

Sea Shepherd accuse le Japon de déployer contre elle un arsenal militaire et de se servir de nouvelles lois anti-terroristes

Selon Paul Watson et son organisation, le Japon fait usage de techniques et de stratégies militaires pour se prémunir contre les défenseurs des cétacés :

"Nous avons découvert que le Japon avait désormais recours à une surveillance militaire pour suivre en temps réel par satellite les mouvements des bateaux de Sea Shepherd et s’ils savent où sont nos bateaux à tout moment, ils peuvent facilement nous éviter", affirme le communiqué.

Et d’ajouter : "Nous ne pouvons pas faire face à un tel niveau de technologie."

Ils affirment en outre que le Japon est passé un cran au-dessus en faisant passer cette année des lois anti-terroristes précisément destinées à nuire aux activités de Sea Shepherd. Le pays considère en effet que l’ONG a recours à des méthodes terroristes et son capitaine emblématique Paul Watson y est qualifié d'"écoterroriste". "Pour la première fois, [le Japon] a déclaré qu’il pourrait déployer ses forces maritimes pour défendre ses activités baleinières", est-il également écrit. Il est aussi noté que l’organisation a été la cible de grenades incapacitantes, et elle accuse les baleiniers d’avoir tenté de saboter ses navires.

Dans un combat de David contre Goliath, Sea Shepherd s’interroge : "Le choix auquel nous sommes confrontés est le suivant : continuons-nous à affecter nos ressources limitées dans une nouvelle campagne dans l’océan Austral qui aura peu de chance de succès. Ou ne faut-il pas se rassembler avec des stratégies et tactiques différentes ?" Et tranche par la négative. Soulignant au passage avec amertume que les gouvernements de Nouvelle-Zélande, d’Australie et des États-Unis, par leur manque de soutien, voire par leur "hostilité", ont leur part de responsabilité dans cet abandon.

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