(©IAEA Imagebank/Flickr)

L’exploitant de Fukushima souhaite déverser de l’eau contaminée dans le Pacifique

Le président de la société Tepco, l’exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima, a annoncé vouloir se débarrasser de l’eau contaminée de la centrale en la déversant dans l’océan Pacifique.

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Sans pression, Takashi Kawamura, le président de l’entreprise Tepco (Tokyo Electric Power Company), l’exploitant de la centrale Fukushima, au Japon, a annoncé vouloir se débarrasser de plusieurs centaines de milliers de tonnes d’eau contaminée au tritium (un isotope radioactif issu de la fusion nucléaire) en les déversant dans l’océan Pacifique.

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Depuis le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 ayant conduit à la catastrophe de Fukushima, un accident nucléaire de niveau 7 (soit le même degré de gravité que la catastrophe de Tchernobyl en 1986), les systèmes de refroidissement de la centrale ont été endommagés. Si bien que trois des six réacteurs de la centrale sont refroidis à l’eau de mer en continu. En six ans, Tepco a ainsi accumulé 960 000 tonnes d’eau contaminée dans 1 000 citernes. Si l’entreprise a pu éliminer la plupart des radionucléides qui s’y trouvent, le tritium résiste aux technologies disponibles. Début juillet, la quantité d’eau contaminée au tritium a ainsi atteint les 777 000 tonnes, réparties dans 580 réservoirs rapporte le site de la RTBF.

"Pas de menace pour l’environnement"

Ce ne serait pas la première fois que de l’eau contaminée de Fukushima serait rejetée dans l’océan Pacifique. Cela a d’ailleurs plutôt été la norme jusqu’à présent, entre fuites incontrôlables et autorisations ponctuelles du gouvernement de déverser de l’eau contaminée dans la mer. Et si des techniques de décontamination, via des usines de traitement par exemple, ont été mises au point afin de limiter les dégâts, le tritium se révèle difficile à traiter, et donc encombrant.

Le président de l’autorité de la régulation nucléaire du Japon, Shunichi Tanaka, a donc émis la volonté de déverser cette eau contaminée dans l’océan Pacifique. Une décision confirmée il y a quelques jours par le président de Tepco, M. Kawamura : "La décision a été prise", a-t-il déclaré à l’agence de presse japonaise Kyodo, affirmant que le tritium, moins radiotoxique que d’autres isotopes, est présent en si petite quantité qu’il ne devrait pas présenter de menace pour l’environnement. Ce dont on peut se permettre de douter, faute d’études fiables et approfondies sur le sujet.

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Ces déclarations s’appuient sur le fait que les concentrations de tritium mesurées sont inférieures aux standards légaux japonais, ce qui autoriserait donc Tepco à relâcher cette eau dans l’océan, comme le font, à échelle bien moindre, les exploitants de centrales dans d’autres pays. Les pêcheurs, inquiets, sont fermement opposés à cette décision qui reste pour l’instant suspendue à l’autorisation du gouvernement.

Par Jeanne Pouget, publié le 17/07/2017

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