featuredImage

Voilà comment expliquer le vouvoiement à un anglophone

À l'occasion de la fête nationale française, le quotidien américain Los Angeles Times a publié une infographie amusante pour rappeler aux anglophones les règles, bien complexes, du vouvoiement dans la langue de Molière.

Alors qu'il n'y a pas d'équivalent en anglais, le vouvoiement à la française reste bien souvent un véritable casse-tête pour les étrangers, mais aussi pour beaucoup de Français à l'heure où le tutoiement se généralise. Dans quelles situations peut-on utiliser "tu" ? Où se situe la limite entre la politesse, le manque de respect et une utilisation superflue ? Peut-on tutoyer sa belle-mère, son boss ou un inconnu ? Cette infographie réalisée par le Los Angeles Times essaie de répondre à ces questions de manière ironique histoire de montrer toute la subtilité du vouvoiement.

Si vous êtes un enfant et que vous parlez à un autre enfant, il faut le tutoyer. Si vous parlez à un adulte et qu'il fait partie de votre famille, pareil. Sinon, il faut le vouvoyer. Jusque-là, ça semble plutôt logique (quoique dans certaines familles conservatrices, les enfants doivent vouvoyer leurs grands-parents).

Mais si vous êtes un adulte, la chose se complique. Car si vous parlez à un enfant qui est "un prince ou quelque chose comme ça", il faut le vouvoyer...

Infographie Los Angeles TImes.

Infographie du Los Angeles Times sur le vouvoiement en français. (Crédit Image : LA Times)

Il faut croire que le créateur de l'infographie, William Alexander, auteur du livre Flirting With French: How a Language Charmed Me, Seduced Me, and Almost Broke My Heart, connaît bien la culture et les références françaises. Par exemple, on tutoie toujours son conjoint, à moins que celui-ci ne se prénomme Jacques Chirac.

  • Vous avez participé à "mai 68"

Puis, si vous avez participé activement à "mai 68 en demandant des réformes du gouvernement et l'amour libre" ou si "vous avez fait Woodstock", vous avez la chance de pouvoir tutoyer tout le monde, même les inconnus. Car en effet, la déferlante du tutoiement est arrivée à cette époque, dans une volonté de casser les barrières.

Héritage de la Révolution où pendant un temps, le "tu" fraternel se positionnait face au "vous" aristocratique pour montre l'égalité entre les hommes. Une courte histoire du tutoiement, oubliée pendant longtemps, mais qui connaît un regain de popularité depuis quelques décennies.

  • Faut-il tutoyer son boss ?

Alors qu'autrefois il était presque impensable de tutoyer son boss, cela n'est plus chose courante. Si vous bossez dans une entreprise à la Google "où personne ne porte de cravate, tutoyer est possible voire imposé". Ou alors si vous êtes dans un environnement où tout le monde se vouvoie, mais que votre boss vous a tapé sur les nerfs et que vous voulez lui montrer, vous pouvez tenter le tutoiement, conseille l'auteur, mais c'est à vos risques et périls.

En réalité, tout dépend de la culture d'entreprise. Car pour beaucoup, vouvoyer son patron est limite devenu ringard et tutoyer est devenu synonyme de "d'jeunes", et permet de montrer que l'entreprise, en accord avec son temps, veut aller vers moins de formalisme. Et ce, sans être un manque de respect.

Et en même temps, heureusement que cette tradition du vouvoiement se perd peu à peu parce que franchement conjuguer n'importe quel verbe au conditionnel présent avec "vous", c'est toujours un peu une prise de tête et un effort de diction. "Vous me conseilleriez quoi à ce sujet ?" ou "Tu me conseillerais quoi à ce sujet ?" : difficile de ne pas bégayer sur la première option...

Infographie LA TImes

Infographie du Los Angeles Times sur le vouvoiement en français. (Crédit Image : LA Times)

Par Anaïs Chatellier, publié le 16/07/2014