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L’UE inflige 110 millions d’euros d’amende à Facebook après le rachat de WhatsApp

Publié le

par Thibault Prévost

Selon l’autorité de la concurrence, Facebook aurait fourni de fausses informations à l’Union européenne lorsque celle-ci examinait sa demande de rachat de WhatsApp.

© Simon D/Flickr/CC

Jeudi 18 mai, la Commission européenne a annoncé par le biais de sa commissaire à la concurrence Margrethe Vestager qu’elle infligeait une amende de 110 millions d’euros à Facebook après avoir constaté qu’en 2014 la firme américaine avait fourni de mauvais renseignements aux enquêteurs de l’Union européenne (UE) alors que ceux-ci cherchaient à évaluer l’impact sur la vie privée en ligne d’un rachat du service de messagerie cryptée WhatsApp par le géant de la monétisation des données personnelles.

Si l’UE avait donné son feu vert à l’opération le 3 octobre 2014, rappelle Le Monde, c’est après avoir obtenu de Facebook la certitude que l’entreprise "ne serait pas en mesure d’associer automatiquement et de manière fiable les comptes d’utilisateurs des deux sociétés". Sauf que deux ans plus tard, en août 2016, le réseau social change brutalement ses conditions d’utilisation et annonce que désormais, il y aura beaucoup, beaucoup plus de données échangées entre Facebook et WhatsApp qu’avant. Un geste qui avait fait enrager, outre les législateurs, les défenseurs de la vie privée en ligne – et nous vous rappelions au passage que concrètement, Facebook allait permettre aux annonceurs de venir vous chercher directement dans votre messagerie.

En décembre 2016, les instances européennes se rendent compte qu’elles viennent un peu de se faire enfler, adressent un courrier à Facebook, dans lequel elles l’accusent de lui avoir menti (mais laissent quand même ouverte la possibilité d’une "négligence", ben voyons). Il faudra encore six mois d’enquête des autorités de la concurrence pour parvenir à la conclusion que oui, Facebook a bien fait le contraire de ce qu’il jurait il y a trois ans. Du côté du réseau social, rapporte Le Monde, le porte-parole Aled Williams assure que l’entreprise a "agi de bonne foi" et "cherché à fournir les informations exactes à chaque fois" qu’elle a rencontré les enquêteurs de la Commission européenne. Pour Facebook, l’erreur "n’était pas intentionnelle" et "n’a pas eu d’impact sur le résultat de l’examen de la fusion", ce qu’a également confirmé l’autorité européenne. Le mariage WhatsApp/ Facebook n’est donc pas menacé par l’UE, mais désormais, et c’est une première, Facebook va découvrir ce que signifie réellement une amende.

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