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Combien de temps peut-on faire du vélo en ville avant de se flinguer les poumons ?

Publié le

par Thibault Prévost

Une étude de l'université de Cambridge a tenté de déterminer à quel moment la pollution atmosphérique respirée annule les effets bénéfiques du vélo.

© S. Faric/Flickr

C'est une question aussi triviale que commune pour tout citadin ayant décidé de lâcher pour de bon la voiture et les transports au profit de la bicyclette : mais au fait, vu la qualité médiocre de l'air que je respire en pédalant, me balader à vélo n'est-il pas finalement pire pour ma santé ? Quand on connaît les problèmes liés à l'inhalation de particules fines et l'augmentation exponentielle de ces taux observés dans les grandes métropoles mondiales, la question mérite effectivement d'être posée. Et la science, encore une fois, nous fournit maintenant une réponse concrète.

Une étude menée par des chercheurs de l'université de Cambridge (Angleterre), repérée par Le Monde, a tenté de déterminer à quel moment se situe le "point de bascule", ce moment où l'inhalation de particules annule, puis inverse, les bénéfices générés par les coups de pédale. En utilisant les données de l'OMS sur la pollution aux particules PM 2,5 – plus petites que 2,5 micromètres – , les chercheurs sont ainsi parvenus à dresser un classement, en minutes par jour, des villes dans lesquelles l'on peut plus ou moins pédaler sans risquer de se bousiller la santé.

8 heures de vélib'

Résultat : globalement, les bénéfices de l'activité physique surpassent largement les méfaits des particules fines, sauf dans quelques cas extrêmes. À Delhi (Inde), ville la plus polluée du monde avec 122 microgrammes de particules par mètre cube (µg/m3) en moyenne annuelle, impossible de faire plus de 30 minutes de vélo par jour avant que la pollution inspirée ne vous fasse du mal. À Paris (14 µg/m3), en revanche, la pollution ne commencera à être nocive qu'après 8 heures de Velib' – de quoi faire plusieurs fois le tour du périph'. Cela dit, c'est une moyenne, car hier, 8 juin, par exemple, AirParif a relevé une concentration de particules à 84 µg/m3, soit un peu plus que la moyenne cairote, avec un pic à 132 µg/m3. Dans ce cas, si vous tenez à vos poumons, évitez de faire plus de 45 minutes de vélo dans la journée. À vos risques et périls.

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