Les bad trips aux champis seraient (aussi) bénéfiques

Si la majorité des consommateurs décrit le bad trip à la psilocybine, le principe actif des champis hallucinogènes, comme une mauvaise expérience, ils sont également nombreux à en vanter les bienfaits.

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© Channel Four Films

Si jamais la perspective de vous retrouver en plein Trainspotting (cadavre de nouveau-né et séance de plongée dans des toilettes publiques incluse) vous décourage de tenter l'expérience psychédélique des champignons hallucinogènes, rassurez-vous : le bad trip, tuile récurrente du psychonaute amateur, serait finalement bénéfique à moyen terme pour votre psyché. Après avoir déchaîné les enfers dans votre subconscient, cela va sans dire.

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Une étude de l'université Johns Hopkins publiée dans le Journal of Psychopharmacology et dirigée par le professeur Roland Griffiths — grâce à qui les hallucinogènes sont enfin étudiés sérieusement —, a interrogé près de 2 000 consommateurs de champignons à la psilocybine (vulgairement appelés "champis"), l'immense majorité d'entre eux (9 sur 10) en ayant consommé plus de deux fois dans leur vie, pour connaître leur avis sur le bad trip. Et, selon les principaux intéressés, "bader" est autant un cauchemar qu'une expérience enrichissante.

Top 5 des pires expériences d'une vie... et des plus importantes

Premier constat scientifique, qui corrobore la sagesse populaire: le bad trip est un calvaire. La majorité des participants — recrutés via des forums en lien avec les hallucinogènes —, a connu le bad trip après ingestion d'une dose de 4 grammes de champignons.

Pour 39 % des psychonautes, le voyage se classe d'entrée dans "les cinq expériences les plus difficiles de [leur] vie" ; 11 % des répondants ont indiqué avoir mis leur intégrité physique ou celle des autres en danger ; une minorité d'entre eux (2,7 %) a dû recevoir une aide médicale sur le moment et/ou (pour 7,6 % des répondants) une aide psychologique pour traiter des symptômes à long terme. Trois sujets, relate l'étude, ont même tenté de se suicider durant leur mauvais trip.

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Plus étonnamment, les chercheurs de Johns Hopkins racontent que 84 % des sujets ont reconnu que cette expérience, si traumatisante soit-elle dans l'instant, leur avait bénéficié sur le long terme. Mieux : 34 % classent l'expérience comme l'une des plus importantes de leur vie, quand 46 % seraient même prêts à recommencer !

De manière générale, écrivent les chercheurs, plus l'expérience a été difficile, plus elle a été vue au long terme comme bénéfique... mais d'un autre côté, un bad trip plus long est souvent moins bien perçu par la suite. L'idéal, si tant est que le concept s'applique ici, serait donc de vivre quelque chose de très dur (seul, dans un environnement hostile) mais relativement court. Histoire de confirmer l'adage : ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

Par Thibault Prévost, publié le 01/09/2016

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