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États-Unis : le gendarme de la Bourse poursuit Elon Musk

Il est accusé d’avoir manipulé l’action de Tesla avec une série de tweets.

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"Il est en roue libre", "il a fumé trop de weed", "il est au bord du burn-out", "sa folie enfouie le rattrape"… Ici et là, des comptoirs aux open spaces, nul ne peut résister à l’envie de se mettre dans la tête d’Elon Musk qui, depuis quelques mois, est devenu entrepreneur ès dérapages.

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Il y a dix jours à peine, il était attaqué en justice par l’un des sauveteurs des enfants thaïlandais qu’il avait traité de pédophile, ni plus ni moins. Incartade stupide, écart diffamant mais qui, au fond, n’avait fait qu’entretenir la fascination et prêtera peu à conséquence.

Aujourd’hui, l’affaire est autrement plus grave. Le gendarme de la Bourse états-unienne, le SEC, vient d’indiquer qu’il poursuivait Elon Musk et sa fabrique de voitures électriques, Tesla, pour une série de tweets dérogeant aux sacro-saintes règles qui régissent les marchés.

Musk avait en effet annoncé, en août dernier, qu’il comptait reprivatiser Tesla, autrement dit faire sortir, huit ans après, son entreprise de la Bourse. Son annonce avait pris tout le monde de court (salariés, investisseurs, analystes et ses fan boys sur Twitter). Finalement, Musk avait fait marche arrière via un communiqué publié sur le blog de Tesla.

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Le SEC n’a pas apprécié :

"Les affirmations et omissions publiques de Musk, fausses et prêtant à confusion, ont créé une confusion significative et un bouleversement du stock de Tesla sur le marché, le tout causant du tort aux investisseurs."

En d’autres termes, Musk a été accusé de manipuler le cours de son action avec de fausses informations. Et ça, la loi n’aime pas. Peu après les annonces, le cours avait subi une brève envolée, passant de 380 à 420 dollars.

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Coup de sang, peut-être, coup de folie, non. Musk avait deux arguments importants. Dans un premier temps, faire la nique aux vendeurs à découvert, les fameux "short sellers", associés à la spéculation, dans sa connotation la plus négative. Et, attirer dans un second temps, post-privatisation, des fonds d’investissement aux reins solides, notamment le fonds d’investissement public saoudien.

Après l’annonce du SEC, Musk a réagi publiquement :

"Cette action injustifiée de la part du SEC m’attriste et me déçoit profondément. J’ai toujours agi pour servir la vérité, la transparence et les investisseurs. L’intégrité est la chose qui m’importe le plus au monde, et les faits démontreront que je ne me suis jamais compromis en aucune manière."

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Musk risque gros : amendes et, dans le pire des scénarios, éjection pure et simple. Temps libre reconquis qu’il pourra réinvestir dans la conquête de Mars.

Par Pierre Schneidermann, publié le 28/09/2018

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