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Une enquête publique juge le mégaprojet EuropaCity défavorable à l’environnement

Publié le

par Jeanne Pouget

Le projet Europa City à Gonesse. (© Europa City)

Les conclusions d’une première enquête publique menée pendant l’été jugent le mégaprojet d’urbanisation EuropaCity dans le Val-d’Oise incompatible avec l’environnement.

Le projet EuropaCity à Gonesse. (© Europa City)

Censé sortir de terre pour les Jeux olympiques de 2024, le chantier EuropaCity - ce mégacomplexe dédié aux commerces et aux loisirs dans la commune de Gonesse (95) - a été jugé incompatible avec l’environnement selon les conclusions d’une première enquête publique.

Porté depuis cinq ans par Auchan et un investisseur chinois, et soutenu par la région Île-de-France et l’État, ce projet pharaonique à 3,1 milliards d’euros se présente pourtant comme une destination "écoresponsable" et un exemple novateur de "Living City". Mais la révision générale du plan local d’urbanisme de Gonesse dans lequel il s’ancre a reçu un avis défavorable du commissaire-enquêteur, en raison de ses impacts environnementaux.

Pour rappel, le plan d’urbanisation global du triangle de Gonesse prévoit l’artificialisation d’environ 300 hectares de terres agricoles, sur moins de 700 hectares que compte aujourd’hui la zone, dont 80 hectares pour le seul projet d’EuropaCity.

"Des impacts environnementaux négatifs importants à très importants"

Dans les conclusions de son enquête, le commissaire-enquêteur Ronan Hébert, cité par Le Monde met en garde contre "des impacts environnementaux négatifs importants à très importants", et les conséquences sur les "équilibres économiques locaux et régionaux existants". Il pointe notamment l’imperméabilisation des sols, l’atteinte à la biodiversité et le déséquilibre d’une zone pourtant "favorable à l’autosuffisance alimentaire et aux circuits courts".

Pour ses détracteurs, EuropaCity est le point culminant du plan d’urbanisation sauvage du triangle de Gonesse. Ils ne voient pas l’intérêt de construire un nouveau centre commercial gigantesque sur une zone agricole fertile, qui plus est dans une région qui dispose déjà de suffisamment de magasins et d’espaces de ce type (comme Disneyland et le parc Astérix déjà implantés dans la région).

Ils dénoncent en outre la mainmise des grands groupes financiers, le manque de concertation de la société civile, et des aberrations écologiques (un parc d’attractions climatisé, des centaines de restaurants, un parc aquatique ou encore un parc à neige) au profit d’un temple dédié à la consommation (48 % de commerces et 24 % d’hôtellerie et de restaurant pour seulement 4 % d’activités culturelles).

Rien n’est tranché

Si les conclusions de cette enquête publique sont une critique de l’urbanisation du triangle de Gonesse et du gigantesque projet commercial et de loisirs menés par Auchan, l’avis n’est en revanche que consultatif et ne remet pas en cause la tenue du chantier censé démarrer en 2019. Mais il donne de l’espoir au collectif pour le triangle de Gonesse, qui lutte contre Europacity depuis le début du projet.

Rejoints au début de l’été par de nombreuses associations écologistes, des citoyens, des militants, des candidats aux législatives et même des zadistes de Notre-Dame-des-Landes, ses membres espèrent recevoir le soutien du ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot. Celui-ci ne s’est pas prononcé sur le dossier mais affiche fermement son opposition à l’artificialisation des sols en général.

Rien n’est encore joué. D’autant plus que, comme le rappelle Le Monde, le maire (PS) de Gonesse, Jean-Pierre Blazy, est lui, favorable au plan d’urbanisation local, et de leur côté, les porteurs du projet Europacity n’ont pas vraiment l’intention de reculer.

Lire aussi -> Pourquoi le mégaprojet Europacity pourrait devenir le nouveau Notre-Dame-des-Landes

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