Auroville, enquête autour d'une ville expérimentale au cœur de l'Inde : société idéaliste ou utopie réalisable ?

À travers les yeux et l'expérience de notre journaliste Adrien Gingold, découverte d'Auroville, cité utopique et expérimentale au cœur de l'Inde.

Construite en 1968 au cœur de l’Inde, Auroville (la "cité de l’Aurore") a été construite autour de l’idée d’une société nouvelle où tout citoyen s’épanouirait individuellement tout en faisant profiter sa communauté de ce qu’il a de meilleur à lui apporter. Le tout sans problématiques de pouvoir, d’argent ou de compétition. Alors que la ville s’apprête à célébrer le cap fatidique des 50 ans, nous sommes allés y faire un tour afin de répondre à la question fatidique : Auroville, un autre monde est-il possible ?

Ça commence très bien, ou très mal, sur la route qui mène à Auroville. De dos, une mère et sa fille marchent, suantes, backpacks sur le dos, assorties du même chapeau de paille. Nous (je voyage avec ma femme) entamons la discussion avec la maman. Veronika, 40 ans : "j’avais besoin de faire un break, voulait changer des choses dans ma vie." Elle a donc emmené sa fille Cordelia, 7 ans, sur la route pour un voyage de 3 mois en Inde. Ah donc la petite a arrêté l’école ? "Pas besoin d’école, elle n’y est d’ailleurs jamais allée ! Life is the teacher."

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© Adrien Gingold

À la recherche de la société idéale

Nous sommes dans le sud-est de l’Inde, dans l’État du Tamil Nadu, à une quinzaine de kilomètres de Pondichéry. Ici, en 1968, a été inaugurée Auroville, une cité expérimentale, comme un laboratoire des utopies tourné vers le progrès scientifique et médicinal, la pratique du yoga sous toutes ses formes et l’universalité de l’humanité. Un paradis des rêveurs né au beau milieu de nulle part, sur une terre jadis aride ou plus de 3 millions d’arbres ont depuis été plantés.

Mais que trouve t-on réellement aujourd’hui, en 2017, à l’heure où le monde se nationalise et se divise toujours plus, où l’individualisme semble à son paroxysme et où les injustices abreuvent chaque jour la presse, de cette promesse d’une société basée non pas sur l’argent mais sur les rapports humains, sur ce qui soude une communauté au détriment de ce qui pourrait la voir se déchirer ?

Bref, beaucoup de promesses et de belles paroles qui restent floues pour ceux qui, comme nous jusqu’alors, n’y ont jamais mis les pieds. Voilà pourquoi, lors de notre périple indien, nous avons choisi de passer quelques jours à Auroville, sans savoir exactement de quoi il en retournait, et (presque) sans a priori. Après tout, tout le monde est à la recherche de la société idéale, n’est-ce pas ?

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Nous arrivons à Auroville, 52 nationalités, 2500 habitants dont 1000 Indiens, 700 enfants. Première étape obligée, le Visitors Centre, qui fournit tous les renseignements nécessaires. C’est assez bien foutu. Nous y apprenons que le principal moyen de paiement est l’Aurocard (carte prépayée) et que pour visiter le Matrimandir, énorme globe doré dédié à la méditation, principale attraction de la cité mais surtout point névralgique d’énergie autour duquel a été construite celle-ci, il faut être muni d’un pass.

Pour la ville de toutes les libertés, ça fait déjà un peu bureaucratique comme arrivée. Il s’avère finalement que ceci s’obtient très facilement. Ensuite s’impose la visite de la ville, mais là se pose la première véritable question : au fait, qu’est-ce qu’on fait lorsque l’on passe à Auroville ? Qu’y a-t-il à visiter ? Ben pas grand-chose au final pour les touristes de passage que nous sommes… Les Aurovilliens vaquent à leurs occupations, et nous sommes un peu perdus. Il faut savoir qu’Auroville n’est pas construit comme une ville à proprement parler : pas de centre-ville, de rues commerçantes et de lotissements pavillonnaires. Les maisons, entreprises, lieux administratifs sont loin les uns des autres et ça n’est pas si facile de s’y retrouver, même avec la carte. Nous sommes toujours au Visitors Centre où l’on trouve un café, quelques boutiques, beaucoup de prospectus, un restaurant. Il est d’ailleurs l’heure d’aller déjeuner et, bonne surprise : c’est délicieux et très bon marché.

On aurait pu croire que, dans ces bâtiments modernes où circulent des centaines de touristes, les prix s’envoleraient, mais pas du tout. À vrai dire, c’est même mieux que dans la plupart des autres villes que nous ayons visitées jusqu’ici.

Un projet né de l'esprit de "Mère", une Française...

Nous nous rendons ensuite au petit musée, toujours situé dans cet accueil géant, et commençons à y voir plus clair sur le pourquoi du comment d’Auroville, "le lieu d'une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités", selon Mère. Mère. Drôle de surnom.

C’est en fait celui de Mirra Alfassa, la Française qui a créé en 1968 cette ville, concrétisation du rêve éveillé qu’elle nourrira toute sa vie avec Sri Aurobindo, son gourou de compagnon - décédé quelques années avant la naissance d’Auroville.

Sri Aurobindo fut, au début des années 1900, l’un des premiers leaders pour l’indépendance de l’Inde, alors colonie anglaise. Envoyé en prison, il en ressort avec des velléités encore plus grandes : cette fois, c’est l’indépendance de l’humanité toute entière qu’il envisage et prône dans son "ashram". La rencontre entre la jeune Mirra et ce poète, philosophe et maître yogi, s’impose comme une évidence, et ils n’auront de cesse de fomenter leur révolution. Qui prendra donc le nom d’Auroville.

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Retour en 2017 au Visitors Centre, où nous trouvons assez gonflée mais plein de bon sens toute cette histoire de société utopique.

L’idée nous plaît bien : prendre soin de son corps et de son âme, consommer local, se recentrer sur l’humain, rechercher l’équilibre et l’harmonie, être utile tout en faisant quelque chose qu’on aime… bref, avoir une alternative à ce monde de fou, oui, avec plaisir. Bref, une vraie alternative, viable économiquement et philosophiquement. Mais bon, si elle existait, ça se saurait, non ?

De l’autre côté, on a peur du cliché : les namaste à tour de bras, la société de Blancs installée en Inde, le culte de la personnalité… Bonne pâte, on décide néanmoins d’y croire jusqu’à preuve du contraire.

Où crécher à Auroville ?

Nous n’avons pas d’endroit où crécher ; direction l’office des guesthouses, toujours au Visitors Centre. Nous sommes reçus très rapidement, on nous demande notre budget et là encore, bonne surprise : on nous propose une jolie cabane en bambou dans une guesthouse appelée Vérité, incluant les trois repas quotidiens (nourriture bio et végétarienne) pour 2000 roupies/jour pour deux personnes, soit environ 30 euros. Tout à fait valable par rapport aux prix pratiqués en Inde, et même plutôt bon marché. J’achète.

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Le lendemain, l’immersion commence. Vue du ciel, Auroville ressemble à une espèce d’escargot qui s’enroue autour du Matrimandir. La ville est divisée en plusieurs communautés, réparties un peu partout sur un grand espace, reliées entre elles par des routes terreuses généralement arpentées à moto ou à bicyclette. Trop étendu pour s’y aventurer à pied.

Sur le territoire, on trouve des fermes "organiques", des écoles, des ateliers de couture, des centres de soins, des laboratoires de recherche, des guesthouses, quelques restos, les bureaux de l’administration, mais aussi les habitations des Aurovilliens, pour la plupart de jolies maisons d’architecte des années 1980 qui n’ont rien perdu de leur charme et de leur modernité malgré les années. Les bâtiments sont bien entretenus - rien d’ostentatoire cependant, les maisons sont cachées par de grands arbres. C’est authentique, organisé, propre.

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Notre guesthouse comptent une vingtaine de chambres qui se perdent dans les arbres. C’est espacé, bien décoré, bien tenu. La chambre en bambou est adorable.

Salle commune avec Internet, eau potable, café et thé à disposition, service de lessive gratuit, vélos pour trois fois rien. Pas le droit de boire ni de fumer. Elle propose des activités pour un prix raisonnable (yoga 210 roupies/3 euros ; massages, acupuncture, neuropsychologie, chiropractie, travail sur les chakras, 1500 roupies/15 euros). Chaque guesthouse propose ses propres activités.

À la rencontre des habitants

Le déjeuner promis est bien là, délicieux buffet de produits frais du jardin "organique". Nous nous installons à une table où est déjà assis un homme d’environ 65 ans : grand, fin, cheveux blancs étincelants, drôle de frange. "Hello, my name is Daniel", nous confie t-il d’entrée d’une voix basse, calme. Daniel, Hollandais, est arrivé à Auroville au début des années 1980 et n’en a plus bougé. Il se trouve que c’est lui qui a fondé la guesthouse Vérité.

Ça tombe bien, on a plein de questions pour lui. "Depuis tout jeune, j’ai toujours su que la société telle qu’elle existait ne me correspondait pas. Et même si tout n’est pas parfait, j’ai trouvé mon bonheur et mon équilibre ici." On se fait passer pour d’aspirants "volunteers" (en même temps, pourquoi pas ?) et lui demande comment on fait, concrètement, pour venir ici. Ça paraît simple. "On fait sa demande en précisant ce que l’on sait et aime faire. La communauté tente de faire matcher ça avec les postes à pourvoir et ils vous font des propositions. En échange de votre travail, vous avez un toit, des repas et des activités gratuites - les cours de yoga et thérapies sont néanmoins à votre charge."

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Attends.

Donc en gros, en venant à Auroville, on trouverait un travail (qui nous plaît), le gîte et le couvert ? Le tout dans le cadre d’une expérience sociétale inédite, consciente, écologique, et tournée vers le progrès ? Très envie d’y croire mais si c’était le cas, la ville compterait 20 millions d’habitants. À creuser.

D’ailleurs, à ce moment-là, on se dit : Auroville est une ville mais une ville… ça vit ! Une ville, ça bouillonne, une ville ça s’agite, ça s’exprime, et encore plus quand cette ville veut révolutionner le monde ! Parce que ce qui cloche un peu pour l’instant, c’est qu’on voit beaucoup de vieux et qu’on a dû cacher les jeunes.

Ce qui est sûr, c’est que la génération des pionniers a vieilli. Un peu de maths : si une génération d’idéalistes de 25 ans s'est installée en 1968 et que nous sommes en 2017, alors ils ont aujourd’hui… 75 ans.

Mais où sont les jeunes ?

On part donc à la recherche des jeunes. Megha et Shweta sont indiennes, ont 21 ans et sont jumelles. Elles travaillent toutes les deux pour une guesthouse depuis un mois. Deux de plus et c’en est fini de leur période de "volontariat" (elles sont logées et nourries en échange de leur travail). Ensuite, elles aimeraient étudier le stylisme pour l’une et le business pour l’autre, en France, à Angers. Elles croisent un peu les autres volontaires lors d’événements où ils se retrouvent. Mais il semblerait que pas mal d’entre eux envisagent leur passage à Auroville plus comme une expérience que comme la preuve de leur volonté de devenir Aurovilliens.

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Son de cloche différent pour Katherine, une Française d’environ 25 ans, œuvrant dans le social avec les femmes des villages alentours. Si la fin de ses trois mois sur place approche à grands pas, elle est bien décidée à venir vivre ici pour de bon "en dépit des longueurs et difficultés de l’administration indienne. Le processus est long, et ça en décourage plus d’un." Il est vrai que l’on entend parfois dire que l’administration indienne freine ou en tout cas ralentit un peu le processus d’obtention des certificats nécessaires.

Si Katherine admet que la génération des pionniers a vieilli – on tient une piste, donc – pour elle, pas d’affolement. "Auroville suit un rythme différent, difficile à appréhender. C’est une ville qui commence à peine à exister. À certaines périodes il peut y avoir presque 50 000 personnes ici ! Ses mutations sont quasi impalpables, mais la ville avance et se construit."

Devenir Aurovillien

En gros, pour être Aurovillien, on commence par une période de volontariat, qui peut durer environ de trois mois à un an. Après enquête, on est très rarement logé et nourri, à part pour quelques semaines de récoltes ou ce genre de participation. En fait, la cité a bien du mal à loger tous ses volontaires, ce qui les force, pour la plupart, à s’autofinancer.

Après cette période au cours de laquelle vous avez prouvé, et avez ressenti, une volonté réelle de s’engager dans la communauté, on devient alors, après entretien, un newcomer. Un période qui, elle aussi, dure environ un an, avant d’être officiellement Aurovillien.

Il faut donc pouvoir payer son logement un petit bout de temps si vous envisagez de rejoindre l’aventure pour de bon. Il faut dire que les choses n’ont pas toujours été comme cela.

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C’est en tout cas le point de vue d’un Français que nous appellerons Patrick, Aurovillien depuis 1984. Un vrai de vrai : "à l’époque tu ne voyageais pas aussi facilement qu’aujourd’hui, il n’y avait pas Internet, l’Inde était loin et inaccessible. Moi à 33 ans, j’ai tout vendu, j’ai tout lâché, j’étais jamais venu ici... » Conséquence : les gens qui arrivent sont plus que décidés. Ils savent qu’ils sont ici pour recommencer leur vie.

En 30 ans, il a exercé un peu tous les métiers ici, de libraire à horticulteur en passant par la construction, le théâtre ou l’imprimerie. Je lui fais part de mes interrogations quant à l’attrait des jeunes pour la ville, il admet peut-être quelques lacunes quant à la communication : beaucoup de gens ne connaissent même pas l’existence d’Auroville. "Mais du coup, ne faudrait-il pas communiquer plus, dire aux gens que ça existe ?" "Bah, balaye t-il. Quand tu dois être quelque part, tu y es, ça se fait naturellement."

Patrick estime qu’environ 20 volontaires deviennent Aurovilliens chaque année. Et les départs ? "Ah ici, quand les gens partent, on en parle pas. On annonce que ceux qui nous rejoignent."

"Et vous vous y avez pensé, à quitter Auroville ?", "Tous les jours ! répond-il en rigolant. Ça dépend des périodes mais je suis déjà parti plusieurs fois. La plus longue, ça a duré un an et demie."

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Et le futur, que nous réserve t-il ? Il nous rappelle que "50 ans, à l’échelle d’une ville, c’est rien ! Auroville est comme une jeune pousse qui a besoin d’être protégée". Mais quand même, comment imagine t-il la ville dans 20, dans 50 ans ? "Moi, je suis pessimiste à court terme, mais optimiste à long terme", sourit-il en fermant la conversation.

Direction le Matrimandir, visite du globe doré

Mais revenons à 2017 et à la visite du Matrimandir, cet énorme globe doré, épicentre d’Auroville, un imposant lieu dédié à la méditation dont la construction commence en 1972. Pour le visiter, c’est gratuit, il faut prendre rendez-vous à l’avance, sur place. Comptez un ou deux jours.

Nous sommes une soixantaine de visiteurs, de tous âges et de toutes nationalités : pas mal d’Indiens, un bon groupe de Coréens, Israéliens, Russes, Allemands, Français, Argentins.

Nous sommes d’abord réunis dans une petite salle de cinéma où ils nous projettent un film d’une quinzaine de minutes sur le Matrimandir, qui commence avec la parole de Mère : "Auroville n'appartient à personne en particulier. Auroville appartient à toute l'humanité dans son ensemble."

On a beau chercher, la philosophie est intouchable : créer une nation universelle, rechercher la vraie égalité, se recentrer sur soi-même et être au service de sa communauté, remplacer la compétition par la collaboration... Comment critiquer cela ? La vision du monde est moderne, cohérente et éthique, et Mère l’a transformée en ville ! C’est pas rien. Mais encore une fois, quelque chose semble clocher, ou du moins on a l’impression que tout n’a pas été dit, que cela manque de modernité… Peut-être est-ce lié au fait que le film a l’air tout droit sorti des années 1980.

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Un car nous emmène ensuite à l’entrée du MatrimandirTemple de la Mère, où il faut laisser sacs et appareils photos à la consigne. Notre guide nous explique qu’à partir de là, plus un bruit. Ce lieu est dédié au silence, à la méditation, au repli sur soi et à la recherche de la paix intérieure.

Nous approchons enfin l’édifice sacré, qui devient au fur et à mesure de plus en plus impressionnant : des plaques circulaires tapissées de feuilles d’or et superposées les une sur les autres, forment un énorme globe de 36 mètres de diamètre, encerclé par douze "pétales" portant chacun le nom d’une qualité et renfermant chacun une salle de méditation.

Le lieu est impeccable et nous commençons par visiter l’un de ses pétales, "Courage".  C’est moderne, joli, bien mis en valeur par un discret jeu de lumières. C’est déjà très relaxant. Nous resterons ensuite quelques minutes sous le globe même ; là, au bord d’un point d’eau en marbre blanc et en forme de fleur de lotus, assis en tailleurs, les visiteurs ferment les yeux et se retirent en eux-mêmes. C’est magnifique, reposant, et l’on commence à sentir l’énergie se dégageant du lieu.

Mais c’est en entrant à l’intérieur du Matrimandir, après avoir revêtu une paire de chaussettes blanches – les sols sont en marbre blanc – que l’on peut saisir la force du monument. C’est à proprement parler époustouflant. L’intérieur du bâtiment est splendide : des rampes montent en colimaçon, un peu à la manière du Guggenheim à New York,  jusqu’à l’Inner Chamber, lieu de méditation ultime situé tout en haut. Comme une métaphore des humains s’élevant petit à petit vers le "Suprême".

On se sent chanceux d’avoir pénétré une telle antichambre et je pense que même les plus sceptiques ne peuvent que s’incliner devant un tel bâtiment.

L’Inner Room est le clou du spectacle. À peine entré, on peut littéralement entendre le silence. Dans la salle, parfaitement ronde, sont disposés d’agréables et discrets petits coussins blancs. Un rai de soleil traverse la pièce en son centre, de haut en bas, grâce à un système réverbérant, quelle que soit l’heure du jour, on voit la lumière du soleil. Chacun s’approche à pas de loup d’un coussin, s’assoit en tailleur et ferme les yeux, avide de profiter de la moindre seconde de cet instant de paix et de plénitude qui nous est offert.

On trouve ce qu'on cherche

On trouve exactement ce que l’on vient chercher à Auroville : on recherche une communauté soudée, du temps pour soi, l’harmonie, la pratique du yoga et de la méditation, une alimentation saine et des valeurs éthiques ? On les trouve. Mais si l’on cherche des clichés, des illuminés, le culte de la personnalité, un rêve qui s’effrite et des gens qui semblent vivre en dehors des problématiques du monde, on les trouve aussi.

Rappelons une dernière fois qu’à l’aube de son 50e anniversaire, Auroville n’est encore qu’une toute jeune ville. Laissons lui le temps de changer le monde. L’avenir se chargera de nous dire si la vision de "Mère" a viré au rêve ou au cauchemar.

Par Adrien Gingold, publié le 07/03/2017