Le temple de Bal dans la ville de Palmyre (Crédits image : Flickr)

En Syrie, Daesh a été éjecté de la cité de Palmyre

Il s'agit de la deuxième plus grande défaite de l'État islamique.

Le temple de Bal dans la ville de Palmyre (Crédits image : Flickr)

Le temple de Bal dans la ville de Palmyre (Crédits image : Flickr)

C'est un premier pas vers une victoire culturelle. Ce dimanche, comme l'a affirmé une source militaire à l'AFP, l'armée syrienne, appuyée par l'allié russe, a repris le total contrôle de la cité antique de Palmyre. Elle en a chassé les jihadistes du groupe de l'État islamique, reprenant à la fois le site antique comme la partie résidentielle. Il ne s'agit pas seulement d'une victoire symbolique mais aussi d'une victoire stratégique pour le régime de Bachar al-Assad.

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L'offensive, débutée le 7 mars, a vu l'armée syrienne, aidée des forces spéciales et de l'aviation russe ainsi que des milices et des combattants chiites du Hezbollah libanais, déloger les jihadistes, ces derniers se réfugiant vers "Sokhné, Raqa et Deir Ezzor" selon la source militaire, leurs fiefs dans le nord et l'est de la Syrie.

Il s'agit de la deuxième plus grande défaite militaire de l'État islamique, un an après avoir perdu la ville kurde de Kobané. La bataille de Palmyre a coûté la mort de 400 jihadistes, soit, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), "le bilan le plus lourd pour l'EI dans une seule bataille depuis son émergence" il y a trois ans dans le conflit syrien.

Et d'après Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH, si les prorégime parviennent, après Palmyre, à reprendre la le contrôle de la cité d'Al-Alianiyé située à 60 km au sud, "l'EI perdra automatiquement le grand désert syrien", non loin de la frontière irakienne, une région contrôlée en grande partie par les jihadistes.

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Désamorçage de bombes dans les rues de Palmyre

L'EI détenait Palmyre depuis mai 2015. À l'époque, l'Unesco alertait déjà des conséquences après la prise de la cité, dont les ruines antiques sont classées au patrimoine mondial de l'ONG :

"Trois des cinq statues anciennes ont été volées à l’hôtel Zanoubia et 22 bustes funéraires, une tête d’enfant en pierre dans le tombeau d’Artaban, 15 portraits sculptés dans le tombeau de Taibul ont été volés et 25 sculptures funéraires dans les tombeaux de Bolha ont été pillées".

Ce qui faisait dire à Irina Bokova, directrice de l’Unesco : "Toute destruction à Palmyre serait non seulement un crime de guerre, mais aussi une énorme perte pour l’humanité“. Aussi, l'histoire Maurice Sartre affirmait auprès du Monde : "l’État islamique à Palmyre, c’est l’État islamique dans la cour du Louvre".

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L'heure est désormais au déminage. Selon la source militaire de l'AFP, "les unités d'ingénierie de l'armée sont en train de désamorcer des dizaines de bombes et de mines à l'intérieur de la cité antique". Les ruines antiques de Palmyre sont pour l'instant désertes tant personne n'ose s'y aventurer à cause des mines ainsi que de la position du site, à découvert, et donc exposé à des tirs de snipers, comme le soulignait un journaliste de l'AFP.

Par Louis Lepron, publié le 27/03/2016

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