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En Inde, une entreprise sociale récupère les fleurs dans les temples pour les recycler

Publié le

par Jeanne Pouget

(©Help Us Green)

L’entreprise sociale et solidaire indienne Helpusgreen collabore avec les temples et mosquées locales afin de récupérer les fleurs issues de leurs cérémonies pour leur donner une seconde vie.

Ce sont près de 800 millions de tonnes de fleurs qui sont utilisées chaque année en Inde pour les offrandes et les cérémonies religieuses. Symboles de dévotion, elles colorent le quotidien des habitants du pays de façon indiscutablement photogénique, mais non sans poser un problème de gaspillage et de pollution. En effet, leur utilisation à vocation sacrée ne leur permet pas d’être jetées n’importe où après usage et surtout pas à la poubelle. C’est ainsi que ces millions de fleurs souvent pleines de pesticides finissent bien souvent dans la nature, ou dans le Gange, fleuve divin et déjà extrêmement pollué.

Alors, deux entrepreneurs indiens, Ankit Agarwal et son ami d’enfance Karan Rastogi, ont eu l’idée de trouver une alternative durable à ces fleurs. Ils ont ainsi créé l’entreprise sociale et solidaire Helpusgreen qui collecte 1,5 tonne de fleurs chaque jour, en partenariat avec 29 temples et trois mosquées de Kanpur dans l’Uttar Pradesh. Ils leur donnent ensuite une seconde vie en les recyclant en divers objets à vocation sacrée comme de l’encens, du savon ou du compost aux emballages biodégradables.

Encens, savon, compost… objectif zéro déchet

Au début de leur activité il y a deux ans, Ankit Agarwal et Karan Rastogi ont éprouvé quelques difficultés à convaincre les établissements religieux de leur faire don de leurs fleurs. "Tout le monde pensait que l’on était fous […] Personne n’avait vu aucun profit provenir des déchets de fleurs", explique Ankit Agarwal au site Fast Company. Et surtout, expliquent-ils, par peur que les deux hommes en fassent un usage considéré comme péché et qui ne correspondrait pas à sa vocation sacrée originelle.

Et pourtant, Ankit Agarwal et Karan Rastogi leur ont trouvé une panoplie de secondes vies tout à fait appropriées : de l’encens pour prier, du savon de bain pour se purifier ou encore du compost fertilisant pour la terre. Et surtout, le processus de récupération, de tri et de transformation de ses fleurs emploie principalement des femmes des castes inférieures souvent méprisées et donc laissées en marge de la société indienne très hiérarchisée. Grâce à Helpusgreen, ces femmes qui gagnent habituellement l’équivalent de 15 centimes par jour de travail peuvent quadrupler leur salaire pour gagner à minima 2 euros par jour.

"Il est rare qu’une entreprise sociale fasse du profit et touche de l’argent […] mais nous le faisons. Et nous touchons les vies de gens en bas de la pyramide. Nous constatons que leur confiance en elles s’améliore. Avant, leur confiance en elles était à zéro", poursuit Agarwal.

En 2016, leur entreprise a ainsi engrangé 43 210 dollars de revenus (près de 39 000 euros), pour un profit de 27 %.

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