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En images : un shooting mode sur le thème des réfugiés fait polémique

Un photographe hongrois a osé réaliser un shooting mode en ayant pour sujet la crise des réfugiés. 

Ce mardi 6 octobre, certains médias comme El Mundo en Espagne ou CNN Turquie, se sont émus du travail d'un photographe. En cause, Der Migrant, le nom d'une série d'images réalisée par un photographe hongrois, Norbert Baksa. Avec comme modèle Monika Jablonczky, les images, disposées dans une catégorie "Fashion", laissent entrevoir une version "stylisée" et "glamour" d'une migrante syrienne.

La mise en scène est déplorable : la mannequin, habillée avec des vêtements Zara, prend la pose à côté de fils barbelés. Sur des images images, elle est aussi trainée par un faux policier, s'accoude à un poteau électrique (avec toujours des barbelés en arrière-plan, pour mieux signifier la notion de frontière), mange un sandwich ou prend un selfie avec un smartphone disposant d'une coque sur laquelle est apposé le logo de la marque de luxe Chanel.

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(Crédit Image : Norbert Baksa)

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(Crédit Image : Norbert Baksa)

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(Crédit Image : Norbert Baksa)

Norbert Baksa ? Un photographe professionnel qui officie dans le milieu de la mode depuis une vingtaine d'années. Il a notamment travaillé avec les magazines Elle, Glamour, Cosmopolitan ou encore Playboy, les marques Nike, Adidas ou Levi's et a réalisé des publicités pour Red Bull ou Unicum.

Des réactions outrées sur les réseaux sociaux

Les réactions n'ont pas tardé sur les réseaux sociaux. Certains "n'ont pas les mots", la journaliste de BuzzFeed Rossalyn Warren affirme tout simplement un beau "NOPE" tandis que Matina Stevis, journaliste pour le Wall Street Journal, écrit : "Donc ce magazine a pensé que ce serait génial de faire un shooting de mode sur la crise des réfugiés. Vraiment ?".

Sur son site, le photographe se défend :

Ce shooting n'avait pas l'intention de glamouriser cette situation sensible, mais plutôt d'attirer l'attention sur le problème et de faire que les gens y pensent. Dans le monde entier des artistes attirent régulièrement l'attention du public sur des problèmes d'actualité à travers des images et performances "choquantes". Cette série d'art part du même principe.

Et de poursuivre :

À ceux qui disent que je suis stupide, je peux seulement leur conseiller de voir le problème sous un autre angle, d'autant plus qu'ils ne vivent pas en Hongrie.

Dans une dernière phrase, le photographe en dit un peu plus sur son opinion :

Il est très difficile de comprendre, à l'aide de la couverture des médias, si ces gens sont vraiment des réfugiés ou quelque chose d'autre.

La Hongrie, pays de la fermeture

Depuis le mois de septembre, la Hongrie est l'un des pays les plus fortement concernés par l'afflux des réfugiés. Côté politique, la réaction est la défiance et la fermeture des frontières. Le 21 septembre, le Parlement autorisait l'utilisation des militaires pour repousser les migrants. Une semaine plus tard, le 29 septembre, le Parlement hongrois ratifiait une "résolution condamnant l’Union européenne (UE) pour son irresponsabilité dans la gestion de la crise des réfugiés", comme l'expliquait le site EuroNews.

Viktor Orban, le Premier ministre du pays, expliquait à cette occasion :

Nos frontières sont en danger, tout comme notre mode de vie qui est basé sur le respect des lois. La Hongrie et l’Europe sont en danger. Ce qu’il se passe aujourd’hui, dépasse les limites. Car en réalité, ils nous envahissent. C’est une expérience quotidienne européenne, ceux qui sont submergés de migrants ne peuvent leur donner un abri.

Entre temps, le pays affirmait tendre vers la fermeture de ses frontières avec la Croatie, toujours par la voix de Viktor Orban :

La mise en place d’une protection de la frontière avec la Serbie a rempli nos objectifs. Il est de notre devoir d’en faire autant à la frontière avec la Croatie.

Par Louis Lepron, publié le 06/10/2015

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