En images : à Idomeni, les enfants en première ligne de l'urgence sanitaire

À Idomeni, en Grèce, 40 % des réfugiés seraient des enfants et les humanitaires manquent de tout. Les conditions de vie dans ce camp sont à la limite du supportable.

Idomeni est un petit village de 150 âmes au carrefour de la Grèce, de la Bulgarie et de la Macédoine. Or, après la fermeture de sa frontière par ce dernier pays, les migrants s'y entassent par milliers. L'Onu considère que 14 000 à 15 000 personnes y transitent, installées dans des logements de fortune. Plus préoccupant, on considère qu'environ 5 000 enfants et adolescents se trouvent parmi elles. Certaines sources, comme la Croix-Rouge britannique, estiment que "50 % de la population sont des femmes et des enfants". D'autres avancent le chiffre de 40 % de "culottes courtes" dans le camp.

Des dizaines de reporters sont allés rendre compte de la situation de plus en plus alarmante vécue par les réfugiés. Leurs mots et leurs images, sur Twitter ou Instagram, témoignent d'un potentiel désastre humanitaire si la Macédoine n'ouvre pas sa frontière.

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Placé sur la route des migrants, Idomeni est devenu en quelques jours un lieu aux conditions sanitaires épouvantables. D'après le quotidien suisse Le Temps, s'y répandent "la gale [...], ainsi que la varicelle ou les maladies broncho-pulmonaires". À cause des infections favorisées par la mauvaise météo de ces dix derniers jours, prolifèrent également à Idomeni des maladies liées aux troubles respiratoires, des gastro-entérites ou la grippe, comme Hélène Sergent de 20 Minutes l'a constaté.

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Pire encore, un bénévole de l'association Save the Children confie à l'envoyée spéciale de 20 Minutes qu'un cas d'hépatite A avait été diagnostiqué sur "une fillette" et que quelques jours plus tôt, "deux adolescents qui étaient montés sur un container ont été électrocutés par des câbles le long de la voie ferrée".

Les humanitaires débordés

Save the Children, mais aussi Arsis, association grecque d'aide aux mineurs isolés, ou bien sûr Médecins du monde : de nombreuses ONG ont accouru, signe du grand dénuement dans lequel ces populations vivent. Citée par 20 Minutes, une médecin spécialiste de la petite enfance affirme traiter "50 à 60 patients" par jour. Tous les humanitaires déplorent le manque de moyens et de personnel.

Or la vie dans le camp, comme dans une petite ville, s'organise peu à peu. Louis San de Francetv info et Amélie Rosique de RMC se sont penchés sur les systèmes D de la logistique à Idomeni :

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Une mère lave l'un de ses enfants au milieu du camp #Idomeni

Une photo publiée par Louis San (@louis___san) le

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Malgré l'optimisme relatif qui semble régner, dans un rapport sur son blog, la Croix-Rouge britannique décrit elle aussi des conditions de vie épouvantables :

"[Les gens] dorment dans des tentes plantées sur des rails balayés par les vents froids de l'hiver. Ils font la queue des heures pour de la nourriture ou utiliser les toilettes. Certains sont là depuis des semaines [...] La situation des frontières qui évolue tout le temps, couplée au manque de commodités et de services de base est en train de créer une grave crise humanitaire."

Une vidéo du Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies accrédite tous ces récits :

Quelques bulles d'air pour s'évader

Les associations ont toutefois créé des lieux de vie dans ce marasme : un espace de jeu pour les enfants, un autre pour que les femmes puissent allaiter dans l'intimité avec une sage-femme... Les reporters, notamment Nicolas Delesalle de Télérama ont tenté de documenter en images les activités auxquelles les enfants s'adonnent dans le camp, d'un atelier dessin sous une tente à une ronde dans la boue :

Au milieu de tout ça, le sourire d'un enfant #Idomeni

Une photo publiée par Louis San (@louis___san) le

Captés par l'objectif de Louis San, des enfants jouent au foot dans une partie du camp miraculeusement épargnée par la boue après une dizaine de jours de pluie.

Sécurité

Alors que les cadavres d'une femme enceinte et de deux adolescents ont été retrouvés gisant dans une rivière jouxtant le camp la semaine dernière, les conditions de sécurité du camp sont évidemment tout aussi préoccupantes. Les associations, encore elles, ne peuvent qu'offrir des conseils aux adultes pour qu'ils prennent soin de leurs enfants.

Par Théo Chapuis, publié le 18/03/2016

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