AccueilÉDITO

En images : quand des citoyens belges viennent en aide à des réfugiés

Publié le

par Bertrand Vandeloise

Vendredi 28 août, le photographe Bertrand Vandeloise a été témoin d'une action de solidarité entre citoyens belges et réfugiés à l'heure du petit déjeuner. Il nous raconte, images et mots à l'appui.

(Crédits image : Bertrand Vandeloise)

Très tôt ce matin, je suis allé devant l’office des étrangers à Bruxelles. Des citoyens s'étaient réunis en nombre pour offrir un petit déjeuner aux réfugiés faisant la file devant l’office. C’est cette belle initiative, cet élan de solidarité que j’avais envie de prendre en photo, car j’avoue être fatigué de la spirale négative que la presse met quotidiennement en avant, fatigué des forums de dérangés et des statuts Facebook nauséabonds.

Ils étaient nombreux à distribuer du thé, du café, des crêpes et des fruits aux centaines de réfugiés. À 7 heures, déjà 400 personnes attendaient l’ouverture des locaux de Francken, principalement Syriens et Irakiens, mais aussi Soudanais, Djiboutiens, Guinéens et Ukrainiens. Certains avaient passé la nuit à la belle étoile avec femmes et enfants, pour avoir la chance d’être en début de file et de repartir avec un numéro de dossier et une place d’accueil dans un centre Fedasil.

(Crédits image : Bertrand Vandeloise)

(Crédits image : Bertrand Vandeloise)

Du coté citoyen, à l’initiative de Riet, plusieurs parents accompagnaient leurs enfants qui avaient généreusement trié leurs jouets dans le but de les offrir aux petits réfugiés. Un geste magnifique de solidarité, j’étais heureux de voir le nombre de sourires et de bisous, de la chaleur, de la vraie chaleur humaine, c’était tellement beau. Les enfants, parfois tout petits, se regardaient, s’approchaient, rigolaient entre eux sans même se comprendre.

(Crédits image : Bertrand Vandeloise)

(Crédits image : Bertrand Vandeloise)

(Crédits image : Bertrand Vandeloise)

Une scène m’a profondément marqué, au point que j’ai dû retenir mes larmes. Une famille d’Ukrainiens, le père et la mère d'environ 35 ans, et leurs deux fillettes de 4 et 1 ans et demi sont arrivés en bout de file, je les ai remarqués directement car ils étaient bien organisés, serrés à quatre, habillés à l'occidental, avec deux grandes valises à roulettes, n’importe qui aurait pu s’identifier à eux, ou les croiser dans la rue sans même se rendre compte qu’ils sont réfugiés.

Deux enfants belges se sont approchés avec des peluches pour en offrir à la petite fille… Un instant d’hésitation, un regard vers sa maman comme pour avoir la permission de prendre le cadeau, puis elle l’a agrippé avec un sourire magnifique, elle était aux anges, ses yeux brillaient.

(Crédits image : Bertrand Vandeloise)

À ce moment, j’ai vu le papa commencer à pleurer, il pleurait caché dans le cou de sa petite fille en la serrant fort dans les bras, comme pour se cacher de notre regard, il pleurait à gros sanglot surement partagé entre l’émotion de voir sa fille sourire et peut-être honteux de sa situation, honteux de devoir infliger cette étape à sa famille, il pleurait comme s’il venait de craquer après de nombreuses épreuves.

Je ne savais absolument pas quoi faire, j’aurais voulu le prendre dans mes bras, lui taper sur l’épaule et lui dire "bienvenue en Belgique mon ami, ici tu vas retomber sur tes pieds et tu pourras rendre à nouveau ta famille heureuse, sois courageux et bientôt, le soleil brillera à nouveau", mais je suis resté figé, impossible de lui mentir, tellement je sais que les conditions sont difficiles pour les réfugiés, impossible de trouver les mots, j’en ai encore gros sur le cœur.

À voir aussi sur konbini :