En France, les boîtes de nuit sont en déclin

Une étude de la Sacem révèle qu'en France, le nombre de discothèques a été divisé par deux en trente ans.

© Siesta Club

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Les Français seraient-ils moins fêtards que leurs ainés ? En tout cas, il semblerait que les boîtes de nuit n'aient plus vraiment la cote. C'est ce que pointe du doigt une enquête menée par la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de musique (Sacem) qui chiffre à 4.000 le nombre de boîtes de nuit au début des années 80, contre 2.000 seulement aujourd'hui en France.

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800 fermetures en trois ans

C'est à l'occasion du colloque "Pour que Vive La Nuit" organisé en début de semaine à Paris que la Sacem a dévoilé plusieurs statistiques concernant les night clubs français. Et outre le fait que leur nombre a été divisé par deux en trente-cinq ans, l'étude montre que le phénomène s'est considérablement accéléré à la fin des années 2000.

"Les difficultés se sont concentrées en 2008, 2009 et 2010. Sur ces trois ans, 800 discothèques ont fermé et le chiffre d’affaires a chuté de 30%", explique Isabelle Fauvel, responsable Analyse et valorisation des contenus à la Sacem, dans Le Parisien.

De plus, il y aurait aussi une répartition inégale de ces lieux nocturnes sur le territoire national : si les régions Rhône-Alpes, Ouest et Sud-Ouest sont celles qui comptent le plus d'établissements, l'enquête révèle que dans les régions Normandie et Ile-de-France, tout comme en Alsace et en Lorraine, leur nombre est en recul.

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Par ailleurs, les boîtes de nuit auraient tendance à se concentrer sur un périmètre restreint, surtout en Ile-de-France, à l'image des Champs-Elysées où l'on retrouve un grand nombre des boîtes de nuit parisiennes.

Le temps passe, les tubes restent

Si les années 80 sont assimilés à l'âge d'or des boîtes de nuit, il en est de même du côté de la musique. En effet, selon l'étude, les tubes d'il y a trente ans sont toujours à l'honneur dans la plupart des clubs de l'Hexagone. Dans le "Top 20 Sacem" de 2012, on retrouve les célèbres Démons de Minuit de Emile & Images, du Claude François avec Alexandrie Alexandra et même Gilbert Montagné avec Sunlights des tropiques. Autrement, en 2013, c'est toujours la Dance qui arrive en tête avec 37% des titres joués, devant la variété/chanson française (24%).

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L'étude a également rappelé qu'environ 16 120 auteurs-compositeurs ont reçu des droits d'auteurs en 2013 pour la diffusion de leurs oeuvres dans les discothèques, mais que seuls 44% d'entre eux sont membres de la Sacem, contre 56% d'étrangers.

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Crise économique et réglementations

Si les boîtes de nuit connaissent moins de succès que dans les années 80, il y aurait plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, les jeunes, frappés de plein fouet par la crise économique, auraient moins d'argent à dépenser pour faire la fête et donc tendance à rester davantage chez eux. Par ailleurs, les réglementations sur le tabac et l'alcoolémie pourraient également avoir pesé dans la balance, comme le souligne Isabelle Fauvel :

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 Il a fallu que les discothèques s'adaptent en créant des fumoirs, des systèmes d'insonorisation ou des navettes pour raccompagner les clients qui ont trop bu.

Cependant, bien que leur nombre soit en déclin, les discothèques continuent de rapporter de l'argent. Avec un chiffre d'affaires global compris entre 900 millions et 1 milliard d'euros, elles représentent plus que les concerts et spectacles de musiques actuelles, souligne Le Figaro. Ainsi, le chiffre d'affaires moyen d'une boîte de nuit française s'élève à 440 000€.

Par Constance Bloch, publié le 30/05/2014

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