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Une artiste désexualise les poupées Bratz

L'artiste australienne Sonia Singh récupère des poupées Bratz et les démaquille afin de leur donner un aspect plus "normal".

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Il existe une multitude de jouets estampillés pour "petites filles" qui ont de quoi faire bondir les parents aux quatre coins du globe. Et parmi eux, se trouve une espèce de poupée très populaire dont la tête fait penser à un extra-terrestre qui aurait trop abusé de la chirurgie esthétique : la Bratz. Cette figurine pour enfant a des mensurations encore plus délirantes que celles de la poupée Barbie, et se démarque par ses traits soulignés par un maquillage (très) excessif.

Outre des lèvres surdimensionnées et des paupières ultra-fardées, c'est également son "look" qui n'est pas vraiment approprié à sa cible : bottes à talons compensées, mini-jupes, hauts en cuir... un style vestimentaire extrêmement sexualisé, bien loin de correspondre à celui d'un enfant.

C'est en partant de ce constat que l'artiste australienne Sonia Singh a décidé de remodeler les Bratz pour leur redonner un aspect "normal". Après avoir récolté les poupées à sauver dans différents vide-greniers, c'est armée de coton et de dissolvant qu'elle fait minutieusement disparaitre le maquillage de leur visage. Ensuite, elle leur redessine les lèvres et les yeux, retravaille leurs cheveux et les habille de nouveaux vêtements plus ordinaires, comme des pulls tricotés par sa propre mère.

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Depuis janvier, elle a lancé un Tumblr sur lequel elle explique sa démarche, et met en images ses création à la façon d'un "avant/après" digne d'un relooking :

Ma soeur et moi avons grandi en jouant avec des poupées de seconde main et des jouets faits maison dans la belle nature qu'offre la Tasmanie. J'aime le fait de réparer et réutiliser des objets déjà utilisés pour leur donner une deuxième vie.

Vers l'avènement des poupées "normales" ?

Si cela fait des années que beaucoup de gens (ou presque) s’accordent à dire que l'image et les mensurations surréalistes de la Barbie (et aussi de la Bratz) feraient bien de changer, il semblerait que les choses soient doucement en train d'évoluer. En effet, les initiatives pour proposer des alternatives aux poupées dotées de mensurations délirantes se multiplient.

Il y a quelques mois, c'était Lammily qui commençait à être commercialisée aux États-Unis. Sa particularité ? Elle se base sur les mensurations moyennes du corps d’une Américaine de 19 ans, disponible à la vente en ligne (pour 25 dollars). Et en plus d’avoir des mensurations “normales”, la poupée est proposée avec un kit d’accessoires à "imperfections". Ainsi, cicatrices, vergetures, acné et bleus sont tout autant d’options proposées pour la personnaliser à sa guise, tout comme le sont également tatouages, taches de rousseur ou lunettes de vue.

Sonia Singh a elle aussi décidé à plus petite échelle de vendre ses poupées. Et en trois jours le succès est au rendez-vous : il n'y a déjà plus de stock. L'artiste prévoit de continuer à en récupérer afin de leur donner une deuxième vie, et une image plus proche de la réalité. Mais en attendant, le mieux est encore de sauver vous-mêmes ces poupées afin qu'elles cessent de véhiculer une image erronée de la femme auprès des jeunes enfants.

Par Constance Bloch, publié le 18/02/2015