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Elisabeth Badinter appelle au boycott des marques qui promeuvent la mode islamique

La militante féministe Elisabeth Badinter explique, dans Le Monde, pourquoi elle estime que la mode islamique ne doit pas devenir mainstream.

Modèle issu d'une collection de hijabs et abayas lancée par Dolce & Gabbana début 2016.

Modèle issu d'une collection de hijabs et abayas lancée par Dolce & Gabbana début 2016.

Elizabeth Badinter est une féministe universaliste. Ses combats, qu'elle mène depuis des décennies, lui ont souvent attiré les foudres d'opposants, y compris de la part de militants de son propre camp, qui lui reprochent une vision trop dogmatique de l'égalité femmes-hommes.

Ces critiques ne devraient pas tarir, avec la parution d'une interview, samedi 2 avril, dans laquelle elle prend fermement position contre la mode islamique. Un débat qui a occupé une partie des médias et des politiques cette semaine, après une sortie remarquée de la ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, au micro de RMC.

Interrogée par Le Monde sur cette question épineuse, Elisabeth Badinter, également engagée sur le terrain de la laïcité au nom, justement, du féminisme, se montre plus intransigeante que jamais. Elle explique brièvement :

"La ministre a eu un mot malheureux en parlant de 'nègres', mais elle a parfaitement raison sur le fond. Je pense même que les femmes doivent appeler au boycott de ces enseignes."

"Seule la loi peut protéger les jeunes filles qui portent le voile sous la pression islamique"

Elle estime que le débat public est étouffé, sur les questions religieuses touchant l'Islam, par "les islamo-gauchistes", qui "sont certes une minorité, mais influente et largement relayée par des grands médias et journalistes de gauche qui, par là même, se coupent du pays réel". D'après elle, la montée du communautarisme mine la France, et la mode islamique est un signe supplémentaire de cette tendance :

"En l’espace de dix ans, de nombreuses filles des quartiers se sont mises à porter le voile en France. Révélation divine  ? Non, montée de la pression islamique. Seule la loi peut protéger celles qui le portent sous cette pression."

Depuis quelques mois, des grandes enseignes comme H&M, Uniqlo ou Dolce & Gabbana ont lancé des produits ou des collections permettant aux femmes musulmanes de s'habiller à la "mode islamique", c'est-à-dire de porter le voile et des vêtements dissimulant la majeure partie du corps. Certaines mannequins s'affichent d'ailleurs avec un voile en photo, preuve que la mode islamique est en passe de devenir mainstream.

Comme Laurence Rossignol, Elisabeth Badinter juge que les grandes marques ont une responsabilité civique et politique dans le fait de proposer des habits à connotation religieuse. Ses propos clivants n'ont pas encore suscité de réaction de la part d'officiels, mais ont été vivement commentés sur les réseaux sociaux.

Par Ariane Nicolas, publié le 02/04/2016

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