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En images : à Calais, les migrants dans l'attente de l'Eldorado

Publié le

par Lydia Morrish

À Calais, de nombreux migrants sont dans l'attente d'un bateau pour la Grande Bretagne. La photographe Melissa Arras est allée à leur rencontre.

Derrière le problème politique de l'immigration se trouvent des personnes bien réelles, des êtres humains dont la souffrance est véritable. Après avoir fui la guerre, la pauvreté, la faim et la maladie souvent au péril de leur vie, ils se retrouvent sans-abris aux portes de la Grande-Bretagne : Calais.

Melissa Arras, jeune photographe londonienne récemment diplômée, s'est rendue sur place. Elle rencontre ceux qui attendent l'opportunité de monter à bord d'un bateau afin de traverser la Manche. Tous veulent rejoindre l'Eldorado. Rien à voir avec l'endroit mythique d'Amérique du Sud : c'est ici de la Grande-Bretagne qu'il s'agit. Endroit de rêve, promesse de richesse et d'une vie comblée, l'Eldorado semble bien réel pour les migrants.

Dans sa série pertinemment intitulée Eldorado, Melissa Arras saisit les instants de leur vie transitoire aux portes de la terre qu'ils désirent tant.

Melissa Arras raconte

J'ai commencé à me rendre à Calais en 2014 pour explorer cette situation qui a vite dégénéré. Ma famille a émigré de différents pays du monde, ce qui a toujours éveillé ma curiosité sur les problèmes liés à l'immigration et au sentiment d'appartenance. C'est ce qui m'a poussée à explorer la situation des réfugiés de Calais à travers la photographie.

Mon but est de capturer les moment d'intimité de la vie des migrants dans cet environnement qui est pour eux temporaire, nouveau et irréel. Je veux saisir la délicatesse et l'instabilité de leur situation. Je veux montrer la façon dont les migrants et les réfugiés sont traités à l'international. Mon travail montre la globalité de ce phénomène qui n'est pas limité à Calais.

Gagner la confiance des différents individus que j'ai rencontrés est le plus grand défi que j'ai dû relever. Beaucoup d'entre eux ne veulent pas que leur visage soit visible. De plus, ils se sentent souvent utilisés par les médias. Grâce à différentes méthodes et aux éléments les entourant, je peux cacher leur identité.

Ces rencontres sont souvent rapides, ce qui signifie que je dois penser rapidement et de manière créative. Les violences policières à l'égard des réfugiés sont terribles. Beaucoup s'en sortent grièvement blessés, parfois même avec des fractures.

L'un des aspects les plus choquants de ce problème est la division qui s'est créée au sein même de Calais. Ceux qui aident bénévolement les réfugiés doivent être très discrets. Ils sont méprisés par les locaux.

J'ai entendu beaucoup d'histoires qui m'ont bien sûr attristé, mais qui m'ont aussi ouvert les yeux sur la sévérité et le désespoir causés par leur pays d'origine. Beaucoup ont fui la pauvreté, la guerre et les perturbations sociales. Ils entreprennent des voyages risqués pour arriver jusqu'à Calais et ont l'espoir de trouver une vie meilleure en Grande-Bretagne.

Leur espoir est ce qui m'a le plus marquée. Malgré la douleur et les injustices, ils restent positifs et emplis d'espoir.

Le travail de Melissa Arras faisait partie de l'exposition 5 under 30, Young Photographers Competition de la galerie Daniel Blau de Londres. Découvrez ses autres projets sur son site.

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