Selon l’ONU, les Australiens goberaient plus de pilules d’ecstasy que le reste des habitants des autres pays du globe (Crédits image : Mercator Media 2014)

Drogues : l'Australie championne du monde

Le dernier rapport de l'ONU sur la consommation de drogues dans le monde pointe du doigt vers la grave situation de l'Australie. Le pays est premier sur la consommation d'ecstasy et l'absorption d'autres substances à risque, légales ou non, augmente de manière dramatique.

Selon l'ONU, les Australiens goberaient plus de pilules d'ecstasy que le reste des habitants des autres pays du globe (Crédits image : Mercator Media 2014)

Selon l'ONU, les Australiens seraient les plus grands consommateurs d'ecstasy du monde (Crédits image : Mercator Media 2014)

Il n'y a pas que des moutons, des fans d'AC/DC et des PVTistes désœuvrés en Australie. Le pays est vulnérable à une vague croissante de consommation de substances illégales. Mieux que ça, le pays serait même devenu le royaume mondial de la prise de drogue à visée récréative.

Publicité

Cette année, le pays des kangourous se voit couronner d'une triste performance : le rapport annuel sur les drogues de l'Organisation des nations unies, rendu public le 7 juillet, constate que le pays du Commonwealth est champion du monde en termes de consommation d'ecstasy. Et ce n'est pas tout : l'Australie tombe à la troisième marche du podium pour la méthampétamine, se place quatrième pour la cocaïne juste derrière les USA et rafle une honorable septième place pour le cannabis.

Les Australiens complètent ce triste palmarès avec la place de glorieux seconds (juste derrière les États-Unis) dans la consommation mondiale de drogues prescrites par ordonnance médicale. Soit les analgésiques tels que codéine et morphine.

Chaque jour, trois morts par overdose

Selon le rapport, si l'usage d'ecstasy a eu tendance à légèrement baisser depuis quelques années, l'Australie est toujours le pays avec le plus de consommateurs par rapport à son nombre d'habitants. Plus grave, cependant, l'île australe est en proie à une dramatique "augmentation de la consommation de cannabis, cocaïne, hallucinogènes, solvants et inhalants". Chaque jour, trois personnes meurent d'overdose dans le pays gouverné par le Premier ministre Tony Abbott.

Publicité

Pour comparaison, selon les chiffres de l'OFDT, ce ratio tombe à moins d'un décès par jour en France, sans omettre de constater que la population de l'Hexagone est presque trois fois supérieure à celle du pays de Nick Cave, dont le bassiste au sein de The Birthday Party, Tracy Pew, est décédé à 28 ans d'une crise épileptique déclenchée des suites de son excessive consommation de substances. Mais c'est une autre histoire.

En parallèle, les campagnes de prévention n'y vont pas de main morte :

Publicité

Expert dans la lutte contre la drogue, le docteur Alex Wodak décrypte cette dangereuse augmentation de la consommation australienne. Pour lui, c'est certain, les causes sont avant tout sociétales :

Les raisons [de cette augmentation de la consommation de drogues] sont d'ordre social et économique. Tout d'abord, les gens bénéficient de plus de pouvoir d'achat. De plus, il y a de plus en plus de profils à risque – et leur condition dérive vers le pire à cause du chômage de masse, de pauvres perspectives d'emploi et du manque d'optimisme général. (...)

Pour autant, il n'en perd pas de vue les conséquences tragiques :

Publicité

Ce qui est encore plus menaçant est le nombre d'overdoses qui grimpe rapidement. Celles-ci augmentent constamment depuis quelques années.

Une pilule nommée "Snapchat"

Le rapport pointe également du doigt un fait inquiétant : la présence largement répandue sur le territoire australien de "drogues analogues et de nouvelles substances psychoactives disponibles actuellement".

Début juin, le Daily Telegraph australien révélait la présence d'une nouvelle drogue dans les rues de Darwin. Ironiquement surnommée Snapchat, telle l'appli la plus en vogue chez les ados, celle-ci faisait parler d'elle pour en avoir envoyé un certain nombre, "quatre au moins", à l'hôpital.

Une des pilules de la nouvelle substance "Snapchat", apparemment très dangereuse (Crédits image : NT Police)

Une des pilules de la nouvelle substance "Snapchat", apparemment très dangereuse (Crédits image : NT Police)

Interviewé par NT News, un témoin anonyme explique avoir vu de ses yeux "quatre potes qui pèsent près de 100 kg presque en crever après en avoir ingéré la moitié d'une pilule". Selon les autorités, les victimes de ces pilules semblent "devenir agressives et désorientées" après consommation.

1 être humain sur 6 a accès à un traitement

Dans la préface du document, le directeur exécutif du département Drogues de l'ONU, Yury Fedotov, note que malgré des politiques de prévention "qui tombent sous le sens" (politiques de santé publique, traitements, réhabilitation sociale, intégration...), au niveau global, la lutte contre la drogue s'enlise :

Il reste de sérieux obstacles à surmonter, avec seulement un consommateur de drogues à usage problématique sur six qui peut prétendre à l'accès à un traitement chaque année.

Pourtant, il exhorte les acteurs du marché pharmaceutique à plus de contrôle de leurs produits puisque selon ce porte-parole de l'organisation internationale, "toutes les drogues, qu'elles soient originellement végétales ou synthétiques, requièrent des produits chimiques pour leur élaboration ou leur traitement".

Par Théo Chapuis, publié le 07/07/2014