(© Universal Cable Productions)

Dix millions de Français sont géolocalisés à des fins publicitaires

Numerama a publié une enquête sur Teemo, une start-up qui géolocalise et piste les Français via leur smartphone à des fins publicitaires.

(© Universal Cable Productions)

 

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Numerama, le site d’actualité consacré aux nouvelles technologies, a publié une enquête fouillée sur la start-up Teemo qui était, jusque-là, complètement passée sous le radar des journalistes et de l’opinion publique. Grâce à des témoignages et des documents internes, le site nous explique comment Teemo peut, à des fins publicitaires, géolocaliser dix millions de Français, qu’ils aient un Android ou un iPhone. Avec ce scoop étonnant : il serait même possible de pister le président de la République !
 
Comment ça marche ? Teemo fournit quelques lignes de code aux éditeurs d’applications qui veulent utiliser sa régie publicitaire. Si la liste de ces éditeurs est confidentielle, l’auteur de l'enquête, Corentin Durand, est parvenu à en dégoter quelques-uns. Parmi ces éditeurs, des mastodontes de la presse comme Le Figaro, L’Équipe (lu par Macron, d’où le scoop) et Closer ou d’autres applis très populaires comme Météo France.

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Ces applis, même quand elles tournent en fond, peuvent géolocaliser les utilisateurs toutes les trois minutes. Mais le wifi et les données GSM peuvent aussi être utilisés. Selon le lieu où se trouve l’utilisateur, des boutiques bien réelles comme La Fnac, Intersport ou Celio, qui sont des clients de Teemo, inciteront à franchir le seuil du magasin. Et, magie de ce cercle vertueux, puisque l’on est aussi géolocalisé après l’affichage de la publicité, les annonceurs savent si la pub a fonctionné ou non. En bon publicitaire, on appelle ça le "drive to store".

La pratique est-elle légale ?

Pas vraiment. Enfin, c’est très flou, et Teemo surfe sur le flou. L’entreprise a reçu une visite de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), l’organisme chargé de veiller au respect des données personnelles. Si le rapport n’est pas encore public, une source de la CNIL confie que la gestion des données est "discutable".

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Quoi qu’il en soit, ces dérives de la géolocalisation, qui ne sont pas les premières (Uber s’était déjà illustré en la matière), agacent Apple. L’entreprise aurait contacté la CNIL pour évoquer le cas Teemo. Mais même avant cette affaire, Apple avait annoncé, en juin dernier, une nouvelle fonction pour l’iOS 11 : la possibilité pour l’utilisateur d’accepter ou non d’être géolocalisé quand les applis douteuses sont fermées.
 

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Par Pierre Schneidermann, publié le 24/08/2017

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