Des mômes et des motos : Dimitri Coste vu par ses enfants

Photographe de profession, Dimitri Coste éprouve également une addiction brûlante pour la motocross. Il passe aujourd'hui de l'autre côté de l'objectif pour Coste Contemplation, un film signé Thibaut Grevet, qui décrit l'homme à travers le regard de ses enfants. Rencontre avec le réalisateur.

Élevé par un père passionné de moto, Dimitri Coste a passé les week-ends de son enfance à arpenter les routes à l'arrière d'une deux roues. Accro à la motocross, il perpétue aujourd'hui la tradition avec ses deux enfants, sa fille Paz et son fils Zephyr, respectivement âgés de 6 et 10 ans.

C'est justement à travers leurs yeux que le réalisateur Thibaut Grevet, à l'origine du magazine The Diggest et ami du protagoniste, a décidé d'immortaliser ce dernier. Nous avons discuté avec lui.

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"J’ai toujours été impressionné par ce personnage multifacettes"

Konbini | Comment avez-vous rencontré Dimitri Coste ?

Thibaut Grevet | Il y a deux ans, ou peut-être même trois. À l'époque, je bossais pas mal pour Vans, et Dimitri était advocate [représentant, ndlr] de la marque. On s’est rencontrés par hasard sur un contest de BMX au Grand Palais à Paris, grâce à mon pote Julien Scheubel, que l’on avait en commun.

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Après quelques bières et une bonne dizaine de clopes, le feeling est vite passé. Beaucoup de centre d’intérêts communs, notamment le BMX et toute l’imagerie qui entourait ce milieu.

K | Pourquoi vous êtes-vous décidé à faire un film sur votre ami ?

Pour être honnête j’ai toujours été impressionné par ce personnage multifacettes – acteur, photographe, collectionneur et rider. Dans le même temps, je me consacrais à fond sur le développement de mon site The Diggest et Dim était un sujet plus qu’intéressant à partager. Les discussions sont parties de là.

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Il n’y a pas vraiment eu de décision, Dimitri connaissait mon boulot et je lui avais parlé de faire un film sur lui. On est devenu pote avant de penser à bosser ensemble. Cela s’est fait naturellement, sans pression ni deadline. Un facteur indispensable pour la réussite et l’authenticité du film.

K | Comme vous le disiez, Dimitri Coste possède plusieurs casquettes, dont celles de photographe et de réalisateur. Pourquoi avoir voulu mettre l'accent sur sa passion pour la moto ?

C’est toujours difficile de mettre les mots sur la raison d’avoir choisi ce sujet. C’est juste inévitable de parler de Dim sans parler de moto. Cela fait partie intégrante de sa vie.

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Il m’avait montré ce chef-d’œuvre réalisé par Bruce Brown, On Any Sunday, un long métrage retraçant l'histoire de la moto et celle des plus grands pilotes américains de l’époque [film de 1971 de Bruce Brown, dont Red Bull a réalisé une suite en 2014, ndlr]

À l’instar de Steve McQueen, et les autres personnages emblématiques, la narration de ce film m’a beaucoup inspiré. Une narration à deux niveaux qui distinguait la violence des ces personnages à bord de leur bolide, et leur sympathie quotidienne. J’aimais cette idée de transformation, d’oxymore de vie qui était aussi vraie pour Dim.

D’un point de vue plus cinématique, le style de Dim, ses motos, ses tenues ou encore ses amis sont des éléments de plus qui renforcent la richesse visuelle de ce milieu.

Dimitri Coste © Dael Poulter & Thibaud Coste

Dimitri Coste © Dael Poulter & Thibaud Coste

"Un mix entre une fureur de vivre et de gagner, et le simple fait de profiter de la vie"

K | Comment vous est venue l'idée de parler de l'homme à travers ses enfants, et qu'est-ce qui vous a plu dans là-dedans ?

Au fur et mesure du tournage avec mon pote Thibault (Dumoulin) on s’est rendu compte de l’implication de ses enfants dans sa vie de rider. Paz et Zephir connaissent tout et supportent leur père de manière incroyable. Ils le motivent, le poussent à gagner. Ils sont le prolongement de sa personnalité. Un mix entre une fureur de vivre et de gagner pour Paz et le simple fait de profiter de la vie pour Zephir.

C’est assez facile de tomber dans les clichés lorsqu'on essaye de faire un film de "moto". Des grosses motos, des barbus, une voix grave, etc. Du coup j’avais envie de trouver un axe plus disruptif, quelque chose de nouveau. En plus d’avoir des bouilles incroyables, les enfants de Dim se sont naturellement imposés comme les narrateurs de cette histoire. Une façon originale de voir ce sujet et d’opposer violence de la moto à la douceur d’une voix d’enfant.

K | Effectivement, le fait que ce soient les enfants qui parlent apporte une vraie douceur à la vidéo, qui pourtant traite d'un milieu parfois brutal...

Je ne voulais pas faire un film viril. Les images parlent d’elles-mêmes sur la violence de la moto. Du coup opposer la douceur des enfants à cet univers m’a semblé intéressant. Le film Les Bêtes du sud sauvage qui utilise aussi la narration d’un enfant m’avait beaucoup marqué. Un facteur de plus pour l’utilisation de points de vue des enfants.

Un autre facteur était le fait de vouloir faire un film court et ne pas retomber dans le pur documentaire. Avec tous les rush que l’on avait, on aurait pu faire un film de dix minutes expliquant tout le personnage de Dimitri Coste. Mais ce n’était pas l’ambition. Du coup les propos instinctifs des enfants étaient une solution parfaite pour guider de façon minimaliste la narration du film.

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Sur la ligne d'arrivée © Dael Poulter & Thibaud Coste

"Une casse-cou qui a déjà fait des courses de BMX"

K | Comment se sont déroulés les entretiens avec Paz et Zephir ? Comment on gère une interview avec des enfants de 6 et 10 ans ? 

C’était juste génial. Au départ, ils étaient intimidés, du coup on a été obligé de les diriger sur la diction des phrases. Mais une fois qu'ils avaient oublié la caméra, tout est devenu facile.

Un seul bémol dans la rubrique "interview d’enfants" est le fait qu’ils ne reprennent pas la question qu’on leur pose, du coup difficile de trouver de la matière à utiliser... Par exemple quand on leur demande : "Quelles sont les motos de ton papa ?", ils répondent juste :"La BSA, la triumph..." (rires). Tout s’apprend avec l’âge.

K | Ce qui est aussi plaisant dans cette vidéo, c'est la façon dont l'addiction à la moto semble avoir été transmise. Pensez-vous que ce soit le cas, que Paz et Zephir sont déjà accros ?

Paz est particulièrement accro. C’est une gagnante, une casse-cou qui a déjà fait des courses de BMX. Ils ont tous les deux leur moto et quand on a le père qu’ils ont, cela a forcement des conséquences !

K | Dernière question : êtes-vous vous-même passionné de moto ?

T. G | Oui ! Depuis toujours. J’ai fait pas mal de motocross plus jeune et je reprends cette année. Dim m’a plongé dans l’univers du Flat Tracks [ou "track racing, ndlr], je vais essayer de participer au championnat anglais cette année. J’ai toujours évolué dans ce genre de milieu, du MTB au BMX en passant par la moto. Une raison de plus qui prouve à quel point ce film me tenait à coeur.

Avant  de finir, je voudrais remercier Dimitri pour son implication dans ce film, de nous avoir laissé pénétrer dans son intimité familiale. Merci aussi Paz, z, et V ! #bestfamily

Paz suivant les traces de son père © Dael Poulter & Thibaud Coste

Paz suivant les traces de son père © Dael Poulter & Thibaud Coste

Retrouvez Dimitri Coste et Thibaut Grevet sur Instagram.
La vidéo "Coste Contemplation" a été produite par Frenzy Paris.

Par Naomi Clément, publié le 23/04/2015

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