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Diffusion de photos de Daech : l’Assemblée lève l’immunité parlementaire de Marine Le Pen

Publié le

par Astrid Van Laer

Mercredi 8 novembre, l’Assemblée nationale a levé l’immunité parlementaire de Marine Le Pen dans le cadre de l’enquête au sujet de la diffusion de photos de l’État islamique.

Mercredi 8 novembre, l’immunité parlementaire qui protégeait jusque-là Marine Le Pen a été levée dans le cadre d’une enquête ouverte en décembre 2015 pour "diffusion d’images violentes". Le 27 septembre dernier, celle du député FN de la 2e circonscription du Gard, Gilbert Collard, avait été levée pour les mêmes raisons.

Tout était parti d’une interview de la présidente du Front national (FN) par Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV le 16 décembre 2016. Le journaliste avait établi une analogie entre le parti de Marine Le Pen et Daech, évoquant des "liens" ainsi qu’une "communauté d’esprit" entre les deux, arguant :

"Je vais revenir sur les liens entre Daech et le Front… […] Pas les liens directs entre Daech et le Front national, mais ce repli identitaire qui, finalement, est une communauté d’esprit. Parce que l’idée, pour Daech, c’est de pousser la société française au repli identitaire."

La députée de la 11e circonscription du Pas-de-Calais n’avait pas apprécié la comparaison et répliqué sur son compte Twitter en postant des clichés représentant des exactions de Daech telles qu’immolations ou décapitation, accompagnés des commentaires suivants : "Jean-Jacques Bourdin, Daech, c’est ÇA."

"Mieux vaut être un djihadiste qui rentre de Syrie qu’une députée qui dénonce les abjections de l’EI"

En mars 2017, le Parlement européen avait déjà levé son immunité, mais avec son élection au poste de députée de la 11e circonscription du Pas-de-Calais en septembre dernier, Marine le Pen a dû quitter son mandat d’eurodéputée, laissant sa place à Nicolas Bay. Il était donc nécessaire que l’Assemblée nationale se prononce sur le sujet.

Il y a quelques mois déjà, le Parlement européen avait levé son immunité dans le cadre de l’enquête au sujet d’emplois fictifs présumés au Front national. Cette levée d’immunité avait mené à sa mise en examen pour abus de confiance.

La présidente du FN a réagi à la nouvelle en postant un message sur son compte Twitter avec le message suivant : "Mieux vaut être un djihadiste qui rentre de Syrie qu’une députée qui dénonce les abjections de l’État islamique : on prend moins de risques judiciaires…" et le hashtag #SoutienMarine a fait son apparition parmi les sympathisants de Marine Le Pen présents sur le réseau social.

À lire -> Diffusion de photos de Daech : l’immunité parlementaire de Gilbert Collard a été levée

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