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Devant l’Élysée, les Femen attendaient Erdogan de pied ferme

Publié le

par Astrid Van Laer

Vendredi 5 janvier, Emmanuel Macron a reçu le président turc, Recep Tayyip Erdogan. Des Femen ont manifesté contre sa venue aux abords du palais de l’Élysée, à Paris.

Vendredi 5 janvier, les présidents des États français et turc ont déjeuné ensemble à Paris. Pour témoigner de leur hostilité vis-à-vis de cette rencontre et interpeller l’opinion publique au sujet du respect des droits humains en Turquie, des militantes des Femen ont manifesté rue du Cirque, située tout près du palais présidentiel de l’Élysée.

Seins nus, les jeunes femmes tenaient une ardoise de restaurant sur laquelle on pouvait lire un menu suggéré aux deux hommes pour le déjeuner : "Le déjeuner cannibale d’Erdogan. Au menu : tartare de femmes, émincé de Kurdes, journalistes cuits à l’étouffée, écrasée de liberté d’expression, hachis de droits humains, pudding de gay."

Le collectif accuse le chef de l’État turc de "dévorer la démocratie" et de "[remettre] en question les droits des femmes". Les militantes lui reprochent également sa position vis-à-vis du peuple kurde, ou encore le fait d’avoir réprimé la Gay Pride d’Istanbul en demandant à ses forces de l’ordre de procéder à "des tirs au flash-ball". Enfin, elles ont appelé Emmanuel Macron à les "soutenir […] face à son homologue turc", ajoutant :

"Il est du rôle de la France de défendre les droits humains, la séparation du religieux et du politique, ainsi que la cause kurde lors de ce repas !"

"Ce soir, ce sera un repas sous vide à 20 heures en cellule"

Les jeunes femmes ont été interpellées par les forces de l’ordre et se sont exprimées par le biais d’un communiqué publié sur leur page Facebook. Reprenant la métaphore du repas, elles estiment avoir été "privées de dessert" :

"Nos activistes ont eu juste le temps de mettre les petits plats dans les grands avant d’être embarquées manu militari au commissariat le plus près, pour y être placés en garde à vue.

Pour elles, ce soir, ce sera un repas sous vide à 20 heures en cellule. Au menu, plat unique : 'Légumes du soleil'."

Après leur entrevue, les deux hommes ont donné une conférence de presse pour passer en revue les sujets discutés, tels que la Syrie, le terrorisme ou encore le statut de Jérusalem. Emmanuel Macron a assuré avoir évoqué "le cas de dirigeants d’ONG et de journalistes" et a admis des "désaccords" avec son homologue au sujet des droits humains.

Enfin, au sujet d’une éventuelle entrée dans l’Union européenne, le président turc a expliqué que son pays était "fatigué" d’attendre, ajoutant : "On ne peut pas en permanence implorer une entrée dans l’Union européenne."

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