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Deux assos portent plainte contre l'État au nom des victimes de la pollution

Publié le

par Clotilde Alfsen

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Les associations Écologie sans frontière et Respire mettent en cause la responsabilité de l'État dans la gestion des pics de pollution. 

(© Alainalele/Flickr/CC)

Les pics de pollution, comme celui que nous avons connu ces derniers jours, doivent être perçus comme des crises : crises sanitaires, crises environnementales et, potentiellement, crises économiques. On attend donc de l'État une forme de protection des citoyens. Toutefois, les associations Écologie sans frontière et Respire estiment que l'État n'a pas fait son boulot lors du dernier pic de pollution.

Dans un communiqué, elles disent vouloir "mettre en cause la responsabilité des pouvoirs publics" à la suite de "l’épisode de pollution aux particules qui a noyé pendant 10 jours la moitié nord-est de la France et qui se poursuit en région Rhône-Alpes". Les deux associations soulignent l'augmentation des consultations dans certains hôpitaux au moment des pics de pollution. Elles dénoncent aussi le développement de cas d'asthme ou de troubles respiratoires directement liés à l'intensification du taux de particules fines dans l'air.

D'après Luc Réfabert, un pneumo-pédiatre interviewé par L'Express, un pic de pollution aurait les mêmes effets que le tabagisme passif. Le manque de mesures préventives pour protéger la santé des citoyens, notamment celle des enfants et des personnes âgées, est inquiétant.

Retard des politiques publiques

Malheureusement, l'issue de cette action en justice est très incertaine. Comme le rappelle L'Express, une même plainte, déposée par Écologie sans frontière et Respire, est restée sans suite en 2014. Cependant, la pollution est un phénomène que nous subissons de plein fouet mais contre lequel nous pourrions lutter. En termes de politiques publiques contre la pollution de l'air, les villes, les départements et les régions se sont montrés très timides ces 20 dernières années. La mise en cause du diesel est très récente et l'influence des constructeurs automobiles est restée trop importante, comme le dénonce un article de Mediapart.

À Paris, la piétonnisation des voies sur berges, la dernière grande mesure marquante de la ville, a créé une polémique et du mécontentement. Pourtant, le report de la circulation sur le boulevard Saint-Germain et les quais, n'a pas nui à la qualité de l'air, contrairement à ce qu'affirmaient les opposants au projet, qui craignaient une multiplication des embouteillages (qui sont une grande source de pollution).

À l'échelle nationale, Ségolène Royal, ministre de l'Environnement a fait, le samedi 10 décembre, une série d'annonces sur les futures mesures de lutte contre la pollution atmosphérique : la généralisation de la vignette Crit'Air (qui sera obligatoire dans toutes les villes connaissant régulièrement des pics de pollution), ou encore l'extension du bonus de 10 000 euros pour le remplacement d’un véhicule diesel par un électrique aux artisans et professionnels (jusque-là, cette aide était réservée aux particuliers).

Enfin, à l'échelle individuelle, ou du moins associative, les citoyens se mobilisent, comme on le voit avec l'action en justice lancée par les deux collectifs écolos. Pour faire bouger les choses, il faudrait revoir nos comportements, éviter au maximum la voiture et envisager le plus possible les transports en commun. Même si l'offre en la matière est loin d'être parfaite (le RER B et certains trains n'ont pas fonctionné pendant le pic de pollution), augmenter la demande est un moyen de faire pression. Il est également nécessaire de penser au vélo ou à la marche quand c'est possible. Et au moment d'utiliser sa voiture, nous pouvons toujours limiter notre vitesse à 30 kilomètres par heure, au lieu de 50 (la limite de vitesse aujourd'hui en ville) – car n'oublions pas qu'en limitant sa vitesse, on réduit les émissions d’oxydes d’azote et de particules.

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