Par Amanda Adame

À la frontière entre Tijuana et San Diego, un artiste mexicain a lancé un projet pour peindre une énorme fresque sur le mur entre les deux pays.

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(© Enrique Chiu)

Le mur qui sépare actuellement les États-Unis du Mexique n'est pas aussi menaçant que celui promis par Donald Trump pendant sa campagne présidentielle. Il est pourtant le symbole d'une véritable fracture entre les deux nations. Pour surmonter symboliquement ce rempart qui sépare tant de familles, le plasticien mexicain Enrique Chiu a décidé de le transformer en toile pour les artistes du monde entier.

Par le biais des réseaux sociaux, il a déjà réuni des artistes originaires du Guatemala, du Venezuela, du Mexique et des États-Unis autour de son projet intitulé "La Fresque de la fraternité". Des membres de la communauté environnante viennent grossir les rangs des artistes qui habillent cette barrière, comme il l'explique :

"C'est un projet communautaire qui va unir des familles, des organisations humanitaires et des artistes. Même des gens qui ne sont pas du monde de l'art peuvent participer, pour montrer notre espoir qu'un jour la réunion des proches qui habitent de chaque côté de la frontière puisse devenir une réalité."

Le projet a débuté au Parque de la Amistad – le "parc de l'amitié", un espace vert binational à cheval entre San Diego et Tijuana –, et devrait s'étendre sur près de 2 000 mètres de long et 6 mètres de hauteur. Pendant les mois qui viennent, plus d'artistes et de volontaires devraient contribuer à la fresque géante.

L'initiative a pour but de renforcer la communauté transfontalière et de transmettre un message d’union, en contraste avec la vague de rejet des immigrants latinos qui traverse les États-Unis. Il y a quelques semaines, Enrique Chiu avait déjà commencé à peindre des grandes fresques sur le mur entre San Diego et Tijuana. L'explication de sa démarche annonçait déjà son nouveau projet :

"Peut-être qu’on ne s’en débarrassera pas comme on l’espérait, et qu’on ne la détruira pas comme le mur de Berlin, mais nous voulons nous sentir investis d’un pouvoir d’amener de la vie et des couleurs à quelque chose d’horrible, quelque chose qui nous définit tous."

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet