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Depuis Charlottesville, des Américains ont moins de complexes à mettre des drapeaux nazis devant chez eux

Publié le

par Cyrielle Bedu

Donald Trump a bel et bien remis la haine raciale à la mode.

LeBron James avait vu juste. Dans un tweet posté trois jours après les manifestations racistes de Charlottesville, qui ont coûté la vie à deux policiers et à une militante antiraciste, le basketteur américain, superstar de la NBA, écrivait : "Il y a toujours eu de la haine aux États-Unis. On le sait, mais Donald Trump l’a remise à la mode."

Depuis les déclarations ambiguës du président américain, qui ont laissé penser que les torts étaient partagés lors des altercations entre les néonazis et les contre-manifestants antiracistes, les Américains constatent avec effroi que le sentiment de gêne a bel et bien disparu chez les partisans de l’extrême droite. Ainsi, comme l’a relayé le site Mashable, des drapeaux nazis ont été repérés ces derniers jours devant plusieurs maisons.

Le 13 août dernier, soit le lendemain des émeutes de Charlottesville, Page Braswell, une habitante de la ville de Mount Holly (Caroline du Nord), a ainsi fait le buzz en postant sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle elle se confrontait à son voisin, qui venait de mettre un drapeau nazi devant chez lui.

- "Hey ! Pourquoi est-ce que vous avez sorti un drapeau nazi ?", lui demande Page Braswell.

- "Qui êtes-vous ? Quel est votre problème ? Ne vous en préoccupez pas !", rétorque le propriétaire de la maison.

- "On est en Amérique ici, pas dans l’Allemagne nazie."

- "Montez dans votre voiture et foutez le camp d’ici ! Je sais que vous filmez, allez vous faire voir ! Vous habitez où ? Quel drapeau avez-vous devant chez vous ?"

- "J’ai un drapeau arc-en-ciel."

- "Et qu’est-ce que ça me dit sur vous ?"

- "Que je ne suis pas une nazie…"

- "Je ne suis pas un nazi non plus. C’est l’Amérique nazie ! […]"

L’élection de Donald Trump comme élément déclencheur

Certains Américains n’avaient cependant pas attendu les manifestations de Charlottesville pour sortir du bois. Depuis l’élection de Donald Trump en effet, nombreux sont les internautes à avoir pris en photo des drapeaux nazis ou des croix gammées devant des maisons américaines.

Il n’y a en effet rien d’illégal à avoir une croix gammée sur sa propriété aux États-Unis. Outre-Atlantique, la liberté d’expression, protégée par le premier amendement de la Constitution, est beaucoup plus poussée qu’en France. Chez nous, cette liberté exclut la diffamation à l’égard d’une personne ou d’un groupe, ainsi que des propos qui peuvent représenter une menace contre l’ordre public – ce qui n’est pas le cas aux États-Unis.

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