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Un dépistage du VIH en 15 minutes chrono sur iPhone

Publié le

par Aline Cantos

On connaissait déjà le principe des autotests permettant de détecter le VIH soi-même, bientôt vendus en pharmacie. Désormais, c'est au tour du test sur iPhone de faire son apparition. 

Dispositif permettant de dépister VIH et Syphilis avec un iPhone (© Tassaneewan Laksanasopin)

L'iPhone était déjà une révolution dans la vie de millions de personnes. Les applications facilitent la vie de leurs utilisateurs au quotidien. Aujourd'hui, elles pourraient la leur sauver. À l'aide d'un petit dispositif directement connectable sur l'appareil, il serait ainsi possible de détecter le VIH ainsi que la syphilis.

À l'heure où encore beaucoup de personnes n'osent pas franchir la porte d'un laboratoire ou d'un planning familial, par peur du regard des proches, des piqûres ou bien d'autres raisons, cette installation pour smartphone apparaît comme une mini-révolution. La peur ou la honte ne pourront alors plus servir d'excuse à l'inconscience de ceux qui refusent le dépistage.

Une multiplication des dispositifs d'autotest

Il y a quelques mois déjà, nous entendions parler des autotests permettant de détecter le virus avec une grande fiabilité. Vendu pour une vingtaine d'euros en pharmacie dès juillet 2015 selon la Ministre de la Santé Marisol Touraine, ce mode de dépistage permettrait en effet de rendre un verdict crédible, à 99,9% en cas de résultat négatif et 91,7% en cas de résultat positif, dans un délai très rapide.

Avec l'introduction du nouveau dispositif connecté, les chercheurs de l'Université de Columbia avancent encore d'un pas en permettant de détecter le VIH mais aussi la syphilis, infection sexuellement transmissible aux conséquences parfois désastreuses sur la santé des porteurs.

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Afin de détecter les maladies, le procédé passe par une isolation des anticorps pour rendre compte de leur potentielle lutte contre l'infection. Ceci n'a rien d'une réelle innovation puisque les procédés de laboratoire sont reproduits de manière à les rendre accessibles au grand public.

En 15 minutes, le dispositif promet des résultats fiables à la portée du plus grand nombre. Grâce à un simple prélèvement sanguin introduit dans un collecteur en plastique branché à l'iPhone, l'application analyse et révèle les résultats du tests afin d'informer les utilisateurs sur leur situation.

Testé sur 96 personnes au Rwanda, l'accessoire pourrait être généralisé sous peu si ses résultats s'avèrent concluants. Quelques réglages sont encore nécessaires à sa production à grande échelle, cependant il y a fort à parier que l'idée va en séduire plus d'un.

Un corps médical toujours aussi nécessaire

Le procédé s'apparente à celui utilisé par les diabétiques afin de contrôler leur taux de sucre. Néanmoins, les conséquences d'une telle nouvelle, si cette dernière atteste d'un résultat positif, peuvent être d'autant plus dangereuses quand elles ne sont pas encadrées par une présence médicale. La personne se retrouve alors livrée à elle même face à une annonce qui bouleverse le cours de sa vie.

Dans la lignée de l'automédication, l'autodépistage tend à se développer de plus en plus. Récemment, l'annonce de la mise en vente d'autotests de fertilité pour hommes en pharmacie vient confirmer la tendance. Cependant, si ces dispositifs se généralisent, le corps médical reste le plus à même de gérer les situations qui en découlent.

Les coûts de santé pèsent lourd dans les dépenses et il est facile de céder à la tentation de l'autonomie médicale afin d'éviter le coût d'une consultation. Pourtant, le recours aux professionnels apparaît toujours nécessaire. Les dispositifs, même les plus fiables, laissent toujours planer un doute sur la véracité des résultats. De plus, l'accompagnement psychologique inhérent au suivi médical manque cruellement lorsque le patient est confronté seul à ces - parfois - tragiques résultats.

Le VIH et les IST sont des sujets d'autant plus sensibles en raison de la méconnaissance de leurs conséquences. Les populations, malgré les efforts des gouvernements, tendent à ignorer les risques concrets inhérents à ces infections et pourraient être sujettes à une phase de panique importante en apprenant seules leur contamination.

En mars dernier, une mutuelle étudiante révélait qu'encore un tiers des étudiants avaient des rapports non-protégés. Seuls 41% d'entre eux affirment utiliser systématiquement un préservatif alors même que l'épidémie du SIDA n'a toujours pas pris fin et que les IST, trop souvent négligées, font toujours rage auprès de tous, sans distinction d'orientation sexuelle.

Aussi, si le dépistage tend à être de plus en plus accessible, une meilleure connaissance et prévention des risques semble cependant être plus appropriée que jamais.

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