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#Jesuisbinational : la déchéance de nationalité révolte sur les réseaux sociaux

Publié le

par Anaïs Chatellier

Depuis le 23 décembre, le projet de révision de la constitution concernant la déchéance de nationalité fait particulièrement débat et ce jusque sur la Toile où les binationaux expriment leur mécontentement.

C'est un débat houleux depuis les attentats du 13 novembre : faut-il mettre en place la déchéance de nationalité pour tous les binationaux condamnés pour terrorisme ? Alors que la question divise la classe politique, surtout au sein du Parti socialiste où de nombreux militants estiment que cette extension aux binationaux nés Français est contraire à la "déclaration de principe" du parti, François Hollande a annoncé le 23 décembre dernier que le projet de révision de la Constitution était retenu. De quoi révolter de nombreux internautes binationaux.

C'est le cas notamment d'Ali Baddou, présentateur franco-marocain du Supplément sur Canal+ qui, par un tweet largement relayé, a lancé le hashtag devenu viral #Jesuisbinational. Depuis, les internautes sont toujours plus nombreux à partager mécontentement et désapprobation quant à ce projet de réforme constitutionnelle qui devrait passer devant le Parlement en février.

"Une boite de pandore qui ne doit pas être ouverte"

Il faut savoir que la déchéance de nationalité existe déjà dans la loi pour les Français naturalisés – ceux qui ont obtenu la nationalité française après leur naissance – qui ont commis un crime ou un délit constituant "une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation". La réforme veut donc élargir cette loi à tous les Français binationaux coupables des mêmes crimes. Vous vous demandez peut être pourquoi les binationaux, qui ne sont a priori pas des terroristes, s'inquiètent alors qu'ils ne sont pas concernés par la réforme ?

La majorité sont tout d'abord d'accord pour dire qu'il s'agirait d'une mesure inefficace contre le terrorisme, arguant que des personnes capables de se faire exploser s'en foutent pas mal de perdre la nationalité française. Ce serait également, selon les détracteurs de la réforme, une différence introduite entre les citoyens qui créerait à terme une catégorie de "Français de seconde zone". Car elle est surtout là la crainte : que ce soit un premier pas vers la suppression totale de la binationalité, jugée comme une "erreur morale", "une rupture d'égalité", "une boite de Pandore qui ne doit pas être ouverte", soit la peur que de nouvelles extensions soient ensuite mises en place par de futurs gouvernements.

Une crainte que l'on peut comprendre quand on voit que des politiques ont déjà annoncé leur souhait d'aller plus loin et de voir à terme la binationalité supprimée, un projet qui avait déjà été proposé par Marine Le Pen et qui pourrait concerner environ 3,3 millions de personnes en France, forcées dès lors à choisir entre leurs deux nationalités.

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