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Une ONG affirme que "de nombreux médecins" rackettent les migrants en France

Publié le

par Théo Chapuis

Deux hommes inspectent des débris dans la « jungle » de Calais (© Commons/malachybrowne)

Une association d'aide aux réfugiés alerte : "de nombreux médecins" feraient payer leurs consultations beaucoup trop cher à des migrants en France. Le ministère de la Santé a été saisi.

Deux hommes inspectent des débris dans la "jungle" de Calais. (© Commons/malachybrowne)

D'après la Cimade, association d'aide aux étrangers en France, "de nombreux médecins" se livreraient au racket auprès de migrants. Contre des certificats médicaux "selon lesquels leur pathologie peut ouvrir droit à une demande de titre de séjour sur le territoire national", des praticiens réclameraient "le paiement de plusieurs centaines d'euros" explique Laura Petersell, chargée de la thématique santé à la Cimade, au Parisien ce lundi 16 mai.

L'association tire la sonnette d'alarme une semaine après que le cas d'un médecin suspecté de se livrer à de telles malversations a été découvert à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. La direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a ajouté qu’une enquête interne "laisse supposer que d’autres patients dans des situations comparables auraient également été amenés à effectuer de tels versements", sans préciser le nombre de cas découverts.

D'autres patients ? Dans le quotidien francilien, une femme originaire du Cameroun témoigne sous anonymat qu'un "médecin agréé figurant sur une liste établie par les autorités administratives" lui a réclamé 90 euros après avoir évalué son poids et sa tension. "C'est une somme très importante pour moi. Cela m'a beaucoup surprise", confie-t-elle.

"L'arbre qui cache la forêt"

Comme le rappelle Laura Petersell, "normalement, les migrants, qui sont pris en charge par l'AME [aide médicale d'État, ndlr] ou la CMU [couverture maladie universelle] n'ont pas à avancer d'argent aux médecins, car la consultation est prise en charge par l'Assurance maladie". Or les cas de racket seraient multiples et la spécialiste santé de l'association d'aide aux réfugiés affirme que "cette affaire est l’arbre qui cache la forêt", assurant que la Cimade a "recensé de nombreux témoignages sur ce sujet".

L'association a signalé par écrit ce qu'il désigne comme des "entorses à la déontologie" au ministère de la Santé, et reçu en retour une confirmation "que ces demandes d'honoraires de la part des médecins sont indues". L'association dit attendre des réponses fortes de la part du ministère chapeauté par Marisol Touraine.

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