"Day 1 in Trump's America" : le fil Twitter du jour d'après, celui du racisme décomplexé

Après la victoire de Donald Trump, la parole raciste décomplexée de la nouvelle Amérique s'expose sur Twitter, via le compte "Day 1 in Trump's America". Terrifiant.

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Le compte Twitter "Day 1 in Trump's America" est une succession de saloperies. Pas d'autre mot. Là, un slogan graffé à la va-vite – et en blanc – sur un mur de briques proclame que "Les vies noires n'importent pas, et leurs votes non plus" ; dans une salle de classe, des élèves de collège scandent "Build that Wall!" ("Construisez ce mur !") ; sur des portes, des murs, des pancartes, le lexique de l'intolérance s'affiche, slogans d'une mauvaise pub pour un produit obsolète. Bienvenue dans l'Amérique de Trump, où les tensions raciales explosent.

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Le compte, créé par un gérant de magasin de musique new-yorkais nommé Insanul Ahmed, relate des dizaines d'incidents racistes, sexistes et homophobes, allant de l'effarant au gravissime. Les témoignages abondent, comme cet Afro-Américain stupéfait d'avoir découvert sa voiture couverte de tags insultants, ou cet autre, obligé de sortir quatre types d'un métro après qu'ils ont tenté, littéralement, d'attraper une femme par les parties génitales (en référence aux propos de Trump, qui conseille aux hommes d'"attraper [les femmes] par la chatte"). Là, une femme raconte que des hommes l'ont menacée de mort à une station-service. Et ainsi de suite.

Contacté par Rolling Stone, le créateur du compte explique :

Après l'élection, je commençais à voir de plus en plus d'histoires d'incidents racistes sur les réseaux sociaux, mais ils se perdaient dans le flot des réactions post-électorales. Je voulais aussi souligner que ces incidents ne sont pas circonscrits aux États républicains – ils se produisent dans tout le pays. Les gens veulent penser que les racistes ne sont que des vieux Blancs sous-éduqués qui vivent dans le Sud. C'est faux. Ils sont vos voisins.

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Des voisins qui chantent maintenant "Heil Hitler" dans des salles de classe, portent le "blackface" et posent devant des drapeaux confédérés. Le voisinage a changé d'ambiance.

Par Thibault Prévost, publié le 11/11/2016

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