© Flickr by Gage Skidmore
Donald Trump

Pour enfin comprendre le vote Trump, regardez ces infographies

Les médias avaient parié sur une victoire d'Hillary Clinton, les urnes ont choisi Donald Trump. Si les "trumpistes" ne correspondent pas à un profil type il est maintenant possible d'identifier certaines caractéristiques sociologiques. 

© Flickr by Gage Skidmore Donald Trump

© Gage Skidmore/Flickr

Qui est "le peuple", "la majorité silencieuse", les "anti-systèmes" auxquels Donald Trump s'est référé tout au long de sa campagne ? Si ces images du peuple sont construites par le discours politique des candidats, de nombreux électeurs ont massivement choisi de faire confiance à Donald Trump parce qu'il tapait sur l'élite dominante. Qui sont donc ces votants ? Représentent-ils vraiment "l'Amérique profonde"?

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Une infographie chiffrée du New York Times permet de se remettre du choc pour passer à l'analyse en se basant sur des sondages effectués à la sortie des urnes.

Des chiffres pour comprendre le phénomène Trump

L'enquête a été réalisée à partir d'un échantillon de 24 537 électeurs qui quittaient 350 bureaux de vote aux États-Unis le jour de l'élection. 4 398 interviews téléphoniques ont également été effectuées en amont auprès des premiers votants et d'abstentionnistes.

Toutes ces données accumulées permettent de comparer cette élection avec les scrutins américains depuis 1972 avec une répartition des votes par sexe, ethnies, religion, niveau de diplôme, etc. Cela permet notamment de comprendre plus en détails quels Américains ont fait passer les États-Unis de Barack Obama à Donald Trump.

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(Crédit Image : New York Times)

(Crédit Image : New York Times)

La revanche de la classe ouvrière blanche

Un des chiffres les plus révélateurs de l'enquête est celui-ci : 67 % des Blancs sans diplôme d'études supérieures ont voté pour Donald Trump. Donald Trump a réussi à attirer massivement le vote des mécontents, sa victoire est perçue comme un "cri de colère".

Et cette colère provient majoritairement de la classe ouvrière blanche américaine. Effectivement, les cols bleus ont été particulièrement maltraités ces 40 dernières années aux États-Unis. Les usine et les mines ont fermé, les salaires des ouvriers ont fondu, ainsi que leur valeur sur le marché du travail.

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(Crédit Image : New York Times)

(Crédit Image : New York Times)

De nouvelles industries ont surgi dans d'autres villes, exigeant de nouvelles capacités et des diplômes. Le vote pour Donald Trump, c'est la révolte de cette classe ouvrière blanche, frappée par la mondialisation, à qui le candidat républicain s'est directement adressé.

Les chiffres le prouvent : ceux qui estiment leur  situation financière familiale meilleure aujourd'hui que lors de l'élection précédente ont massivement voté pour Hillary Clinton, à 72 %. Tandis que 78 % des votants qui considèrent que leur situation financière a empiré ont voté pour Donald Trump. De plus, c'est au cœur du monde rural que le milliardaire a séduit : 62 % de ceux qui habitent à la campagne ou vivent dans de petites villes ont voté républicain.

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Donald Trump a également rencontré un succès massif chez les évangélistes : 81 % de ceuxqui sont allés voter l'ont choisi. Il n'est pas évident de comprendre pourquoi un candidat deux fois divorcé, propriétaire de casinos, et très loin d'un mode de vie religieux, devient l'évangéliste de l'année. En fait, cela s'explique parce que les leaders évangélistes américains ont toujours soutenu le parti républicain et ont soutenu fidèlement Donald Trump.

(Crédit Image : New York Times)

(Crédit Image : New York Times)

Hillary Clinton n'a pas massivement séduit les minorités

D'après les chiffres, Donald Trump n'a pas été le candidat des "pauvres", contrairement à ce qu'il affirmait. Les "pauvres", ce sont dans l'enquête du New York Times les personnes qui gagnent moins de 30 000 dollars (environ 27 500 euros) par an, et qui ont un mode de vie modeste (le coût de la vie est plus élevé aux États-Unis qu'en France). Mais Hillary Clinton ne l'emporte pas non plus catégoriquement sur cette tranche de votants. La candidate démocrate n'a obtenu que 53 % de leurs voix. C'est 10 % de moins que Barack Obama en 2012.

54 % des femmes ont voté pour le Parti démocrate, c'est à-dire 1 % seulement de plus qu'en 2012, alors que Donald Trump est accusé d'attouchements sexuels et qu'il est connu pour ses déclarations misogynes. Ce chiffre montre que la candidate démocrate n'a pas réussi à séduire massivement l'électorat féminin. Dans le détail, Trump a été largement soutenu par les femmes blanches.

Hillary Clinton a ainsi rencontré à peu près les mêmes difficultés auprès des minorités ethniques. Si 88 % des Afro-Américains ont voté démocrate, c'est 7 points de moins que pour Obama en 2012. Les Hispaniques et les Asiatiques ont voté à 65 % pour Hillary Clinton mais  ils sont 8 % de plus à avoir voté républicain chez les hispaniques et 11 % de plus chez les Asiatiques... Les minorités ont donc beaucoup moins soutenu Hillary Clinton qu'il n'avait soutenu Barack Obama il y a quatre ans.

Quelques chiffres sont moins surprenants : 78 % des gays, lesbiennes, bisexuel(le)s ou transgenres ont voté démocrate. 61 % des personnes qui ont fait leur service militaire ont voté républicain. Et ceux qui pensent que l'immigration est un enjeu majeur ont voté à 64 % pour Donald Trump.

Pour conclure, Donald Trump a remporté la victoire en consolidant sa popularité auprès des électeurs blancs, et en obtenant des gains de voix inattendus chez les minorités.

Cependant, l'analyse finale des résultats révèle qu'Hillary Clinton a remporté le vote populaire avec 47,7 % des votes et 59 923 033 voix. Donald Trump remporte lui 59 692 978 voix, soit 47,5 % des votes exprimés. La faute au système électoral américain basé sur les grands électeurs. Système que Donald Trump avait lui même critiqué...

Par Clotilde Alfsen, publié le 10/11/2016

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