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40 % des Américains préfèrent la cybersécurité à la bouffe et au sexe

Publié le

par Thibault Prévost

Selon une étude, une grande partie des Américains seraient prêts à abandonner le cul et la gourmandise pour l'assurance d'une existence virtuelle sécurisée.

(© Columbia Pictures)

Il fallait s'y attendre : à l'heure où l'accès à Internet figure parmi les droits fondamentaux reconnus par l'ONU – au même titre que l'accès à l'eau potable et l'éducation – la sécurité de la vie privée en ligne va progressivement devenir l'une des préoccupations majeures de nos sociétés. Une étude menée par la firme de gestion des mots de passe Dashlane sur 2 007 adultes américains, reprise par NBC, ne prouve pas autre chose : en 2016, une bonne partie des gens placent la sécurité de leur existence digitale très haut dans leurs priorités.

Concrètement, la firme s'est amusée à proposer aux sondés des questions "excentriques" pour estimer l'importance qu'ils donnent à leurs données privées : seriez-vous capable de vous passer de sexe pendant un an si, en échange, vous n'aviez plus jamais à vous soucier d'être piraté ? Seriez-vous disposé à vous passer de votre plat préféré pendant un mois, plutôt que de vous coltiner la mise à jour de tous vos mots de passe (un processus pourtant OBLIGATOIRE pour une bonne hygiène de vie privée) ? Dans les deux cas, environ 40 % des sondés ont répondu "oui". Chez les millennials, la proportion grimpe à 45 %. Pour 25 % des sondés, partager un mot de passe est plus intime qu'une relation sexuelle. C'est probablement qu'à l'heure de Tinder et du hacking généralisé, le sexe ne veut plus dire grand-chose par rapport au vol de ses identifiants.

Paradoxalement, alors que les millennials semblent être la tranche de la population donnant le plus d'importance à la protection de la vie privée en ligne, ils sont aussi les plus enclins à faire confiance à leurs homologues. C'est toute la contradiction de notre génération : 64 % d'entre nous, selon l'étude, ont déjà partagé leurs mots de passe de réseaux sociaux, alors que nous sommes bien plus au fait des dangers du piratage que nos aînés. L'étude de Dashlane n'est pas la seule à parvenir à ces résultats : globalement, les sondages font tous émerger la même dualité de notre génération entre scepticisme et détachement vis-à-vis des données privées. En 2013, le Pew Research Center résumait la question en empruntant à Facebook son fameux "It's complicated". Trois ans plus tard, le profil générationnel n'a pas été mis à jour.

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